L’architecture Yasa : rupture avec le flux radial

La quasi-totalité des véhicules électriques actuels reposent sur des moteurs à flux radial, où le flux magnétique se déplace perpendiculairement à l’axe de rotation. Mercedes-Benz change de paradigme. Selon Mobiwisy, le moteur à flux axial fait circuler le champ électromagnétique parallèlement à cet axe, adoptant une forme de disque.
Ce changement structurel offre un gain de densité de puissance pouvant atteindre trois fois celle des moteurs conventionnels. Un prototype de 13,1 kg a déjà délivré 550 kW (738 ch), soit une densité d’environ 42 kW/kg, contre 20 kW/kg pour les meilleurs moteurs radiaux de série, rapporte Automobile Magazine.
L’enjeu pour le constructeur est double : alléger la chaîne de traction et libérer de l’espace précieux. Ce volume récupéré peut être réalloué soit à l’augmentation de la capacité des batteries pour l’autonomie, soit à l’optimisation de l’habitacle.
Le défi industriel de l’usine de Berlin-Marienfelde

Passer du prototype à la production de masse a nécessité une refonte des processus. Mercedes a dédié 30 000 m² répartis sur trois halls et sept lignes de production dans son usine historique. Le cycle de fabrication comprend 98 étapes, dont 65 étaient inédites en interne et 35 sont présentées comme des premières mondiales.
La complexité technique est majeure. D’après Automobile Propre, le stator utilise du fil de cuivre rectangulaire pour maximiser la matière dans un volume réduit, exigeant un pliage rapide sans endommager l’isolation. Le soudage laser intervient ensuite pour relier les bobines dans des espaces extrêmement restreints.
L’étape finale d’assemblage est la plus critique. Le stator doit être inséré entre deux rotors soumis à une force magnétique de 9 kN, soit environ 900 kg. Le système doit maintenir une tolérance d’alignement inférieure à 0,1 mm, corrigée par un système de commande durant les dernières fractions de seconde. Plus de 30 brevets ont été déposés pour sécuriser ces procédés.
Performances de l’AMG GT 4-Door et plateforme AMG.EA
Le premier modèle de série à intégrer cette technologie est la nouvelle AMG GT 4-Door Coupé, basée sur la plateforme électrique dédiée AMG.EA. Le véhicule utilise trois moteurs à flux axial regroupés dans des modules High Performance Electric Drive Units : un moteur à l’avant et deux à l’arrière.
Les spécifications techniques varient selon la version choisie :
- AMG GT 63 4MATIC+ : 860 kW (1 169 ch), 2 000 Nm de couple, 0 à 100 km/h en 2,1 secondes et une vitesse maximale de 300 km/h.
- AMG GT 55 4MATIC+ : 600 kW (816 ch).
L’ensemble repose sur une architecture 800 volts permettant une recharge rapide jusqu’à 600 kW. L’autonomie, selon le cycle WLTP, atteint 700 km. Pour Mercedes, la GT 63 devient ainsi l’AMG routière la plus puissante jamais produite.
Une demande saturée et des livraisons pour 2027
Le marché a réagi immédiatement à l’annonce. Bien que les commandes n’aient ouvert que le 27 mai 2026, tous les créneaux de production de Sindelfingen pour l’année 2026 sont déjà épuisés.
Selon Tarantas News, les nouveaux acheteurs devront désormais attendre 2027, les premières livraisons étant prévues pour le premier trimestre de cette année-là.
Ce succès commercial valide la stratégie de Mercedes-AMG sur le segment du très haut rendement électrique. Le constructeur a également diversifié sa production récente avec le lancement du VLE 100 % électrique dans son usine de Vitoria, en Espagne.
L’industrialisation du flux axial marque un tournant. Si cette technologie a longtemps été cantonnée à des modèles ultra-exclusifs ou des prototypes, sa mise en production à grande échelle pourrait redéfinir les standards de puissance et d’efficacité pour l’ensemble du secteur automobile électrique durant la prochaine décennie.
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