Publié le 23 décembre 2025 à 10h58. Merethe Solberg, ancienne dirigeante syndicale, a vu son recours rejeté par le tribunal de district d’Oslo dans l’affaire qui l’opposait à la Fédération norvégienne des syndicats (Fellesforbundet). Cette décision confirme que les délégués syndicaux ne bénéficient pas toujours de la protection de l’emploi prévue par la législation du travail.
- Le tribunal a statué que Merethe Solberg n’était pas une employée au sens juridique du terme et n’avait donc pas droit à la protection offerte par la loi sur l’environnement de travail.
- La décision de placer le département 10 sous administration, qui avait entraîné la perte de son poste et de son salaire, a été jugée valide.
- Merethe Solberg n’a pas obtenu gain de cause non plus dans sa demande de remboursement des frais de justice, s’élevant à près de 1,3 million de couronnes norvégiennes (NOK).
L’affaire a pris une tournure médiatique après que Merethe Solberg ait révélé publiquement sa relation avec Jørn Eggum, le leader de la Fédération, ce qui l’a contrainte à renoncer à sa candidature au poste de leader de la Confédération norvégienne des syndicats (LO). Le procès, suivi de près par le mouvement syndical, soulevait des questions fondamentales sur la protection des représentants syndicaux et les conditions de leur emploi.
Le tribunal a estimé que Merethe Solberg n’avait jamais été employée au sens strict du terme, faute de contrat de travail ou de décision formelle du conseil d’administration. Le juge Espen Bjerkvoll a précisé que « rien n’indique qu’un accord écrit ait été conclu ou qu’une décision écrite du conseil d’administration ait été prise pour l’employer en tant que directrice générale du département 10 ». Il a souligné que « une position de confiance est autre chose qu’une relation de travail et que la loi sur l’environnement de travail ne s’applique pas au salarié purement élu ».
Par ailleurs, le tribunal a validé la décision de placer le département 10 sous administration, estimant que les problèmes qui y persistaient depuis longtemps justifiaient cette mesure. Des témoignages, dont celui de Kine Asper Vistnes, la dirigeante de la LO, ont révélé que les tentatives de résolution des problèmes au sein du département n’avaient pas eu d’effet significatif. Le juge a noté que « les mesures mises en œuvre n’ont eu que peu ou pas d’effet ». Il a également reconnu que Merethe Solberg n’avait pas géré les conflits de manière adéquate et avait mal communiqué avec ses collaborateurs.
Bien que le tribunal ait pointé du doigt certaines lacunes dans la gestion de Merethe Solberg, il a précisé que sa responsabilité n’était pas totale. Il a également souligné que la disqualification de Jørn Eggum n’aurait pas eu d’incidence sur la décision de placer le département sous administration.
Ni Fellesforbundet ni Merethe Solberg n’ont pour l’instant réagi à ce jugement, laissant planer le doute sur une éventuelle procédure d’appel.
Pour en savoir plus : Procès qui pourrait changer le mouvement syndical et Conditions au sein du département 10.
