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Merz critique les taux de maladie élevés en Allemagne : « Vraiment nécessaire ?

Publié le 16 janvier 2024 à 18h35. Le chancelier Friedrich Merz pointe du doigt l'absentéisme croissant en Allemagne et relance le débat sur les arrêts maladie par téléphone, une mesure contestée par la gauche et d'autres partis. Friedrich…

Merz critique les taux de maladie élevés en Allemagne : « Vraiment nécessaire ?

Publié le 16 janvier 2024 à 18h35. Le chancelier Friedrich Merz pointe du doigt l’absentéisme croissant en Allemagne et relance le débat sur les arrêts maladie par téléphone, une mesure contestée par la gauche et d’autres partis.

  • Friedrich Merz, leader de la CDU, estime que les Allemands passent en moyenne 14,5 jours par an en arrêt maladie, un chiffre qu’il juge excessif.
  • Il souhaite rouvrir la discussion avec le SPD, son partenaire de coalition, sur la suppression des arrêts maladie par téléphone, instaurés en 2021.
  • Les critiques dénoncent une approche qui ignore les causes profondes de l’absentéisme, comme le surmenage et les mauvaises conditions de travail.

À Bad Rappenau, le chancelier Merz a exprimé son étonnement face à la durée moyenne des arrêts maladie en Allemagne. Selon lui, près de trois semaines par an sont perdues en raison de la maladie. Il s’est interrogé sur la nécessité d’un tel niveau d’absentéisme, appelant à une réflexion sur les moyens d’inciter les employés à poursuivre leur travail.

Le leader de la CDU a évoqué la possibilité de revenir sur le système d’arrêt maladie par téléphone, mis en place pendant la pandémie de Covid-19. Il remet en question sa pertinence actuelle, demandant si cette mesure est toujours justifiée.

Janis Ehling, directeur général de la Confédération de gauche, a vivement réagi aux propos de M. Merz. Il a souligné l’importance de s’attaquer aux causes de l’absentéisme, telles que le stress au travail, le manque de personnel et les conditions de travail difficiles.

« Quiconque se plaint du niveau élevé de maladie devrait parler du surmenage, du manque de personnel et des conditions de travail écœurantes, au lieu de supposer que les employés manquent d’éthique de travail. »

Janis Ehling, directeur général de la Confédération de gauche

Fabio De Masi, président du BSW, a également critiqué l’approche du chancelier, l’accusant de stigmatiser les salariés. Il a mis en avant les problèmes structurels de l’économie allemande, tels que les prix élevés de l’énergie et le manque d’infrastructures, comme étant les véritables causes des difficultés économiques.

« Le problème de l’économie allemande n’est pas la maladie de ceux qui font tourner l’entreprise, mais la politique économique misérable, caractérisée par des prix élevés de l’énergie et des infrastructures en panne. »

Fabio De Masi, président du BSW

Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, les salariés allemands ont été en moyenne en arrêt maladie pendant 14,8 jours ouvrables en 2024, soit une augmentation de 3,6 jours par rapport à 2021. Cette hausse pourrait être liée à l’introduction du certificat d’incapacité de travail électronique début 2022, qui a permis un enregistrement plus complet des arrêts maladie.

Une étude de la caisse maladie AOK, menée début 2025, confirme cette tendance. Elle met en évidence une augmentation des arrêts maladie liés aux affections respiratoires. L’étude n’a toutefois pas constaté de signes d’abus systématique des arrêts maladie par téléphone, soulignant que trois employés sur quatre les considèrent comme utiles ou très utiles pour éviter de se rendre chez le médecin et de contaminer d’autres patients.

Les syndicats et les organisations patronales réclament depuis longtemps la fin des arrêts maladie par téléphone. Markus Söder, patron de la CSU, a récemment soutenu cette position, estimant qu’il est nécessaire de lutter contre les comportements abusifs. Cependant, l’accord de coalition entre l’Union et le SPD ne prévoit pas la suppression pure et simple de cette mesure, mais plutôt des ajustements pour éviter les abus, notamment en excluant les plateformes privées en ligne.

La question des jours de carence et de la limitation du maintien du salaire en cas de maladie est également débattue. Rainer Dulger, président du patronat, a souligné que l’expérience internationale montre qu’un maintien du salaire trop généreux peut entraîner une augmentation de l’absentéisme, en particulier pour les maladies bénignes.

RND/dpa

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.