Publié le 26 octobre 2023 14:35:00. L’amélioration du traitement des eaux usées en Île-de-France va nécessiter des investissements massifs, estimés entre 800 millions et 2 milliards d’euros dans les vingt prochaines années, en raison de la nouvelle réglementation européenne sur la qualité de l’eau. Ces dépenses, qui pourraient se traduire par une hausse des factures d’eau, visent à éliminer les micropolluants et d’autres substances nocives.
- Des investissements de 800 millions à 1 milliard d’euros seront consacrés au traitement des micropolluants dans les 20 prochaines années.
- Le budget total des investissements du Siaap entre 2024 et 2034 s’élève à 4,15 milliards d’euros.
- La nouvelle directive européenne « Deru 2 » impose également l’élimination de l’azote et du phosphore d’ici 2039.
Le Syndicat d’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap), qui gère les eaux usées de plus de 9 millions d’habitants franciliens, se prépare à une période d’investissements considérables. La cause ? La transposition en droit français de la nouvelle directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines, baptisée « Deru 2 ». Cette réglementation renforce les exigences en matière de protection de l’environnement face aux rejets d’eaux usées.
Selon François-Marie Didier, président du Siaap, l’élimination des micropolluants – ces substances indésirables présentes à très faible concentration dans l’environnement et souvent liées aux activités humaines – représentera une part importante de ces dépenses.
« On estime entre 800 millions et 1 milliard d’euros qui devront être consacrés, (…) dans les 20 prochaines années, au traitement des micropolluants »
François-Marie Didier, président du Siaap
Au total, le Siaap a programmé 4,15 milliards d’euros d’investissements entre 2024 et 2034 pour la construction de nouvelles installations, ainsi que pour la maintenance et la modernisation des infrastructures existantes. Ce budget, voté fin 2022, ne tient pas encore compte des surcoûts liés à la « Deru 2 », qui seront examinés lors d’un conseil d’administration en novembre.
Outre les micropolluants, la directive européenne prévoit également l’élimination de l’azote et du phosphore d’ici 2039. Le Siaap estime que la mise en conformité avec l’ensemble de ces exigences nécessitera un investissement global de 1,5 à 2 milliards d’euros. Cependant, le principe pollueur-payeur, inscrit dans le texte européen, prévoit que 80% du coût de la lutte contre les micropolluants seront financés par les industriels, notamment ceux des secteurs de la cosmétique et de la pharmacie, pointés du doigt par Bruxelles.
La « Deru 2 » impose également aux stations d’épuration d’atteindre l’autosuffisance énergétique. Un défi de taille, reconnaît François-Marie Didier :
« très concrètement, je ne sais pas comment on fait »
François-Marie Didier, président du Siaap
Pourtant, le Siaap se présente comme le premier producteur de biogaz de France, grâce à la valorisation des boues d’épuration issues de ses usines.
Dans tous les cas, les usagers peuvent s’attendre à une augmentation continue de la redevance d’assainissement, qui a déjà augmenté de 45% en dix ans et représente désormais environ 40% de la facture d’eau.
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