Publié le 15 janvier 2026 à 21h21. Le gouvernement colombien et plusieurs gouverneurs départementaux sont entrés en conflit ouvert concernant les décrets d’urgence économique décrétés par le président Gustavo Petro. Menaces de poursuites judiciaires et recours devant la Cour constitutionnelle sont au cœur de cette crise.
- Le gouvernement national menace de poursuivre en justice les gouverneurs qui refusent d’appliquer les décrets d’urgence économique.
- L’Association colombienne des capitales (Asocapitales) a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle pour suspendre le décret déclarant l’état d’urgence.
- La Fédération Nationale des Départements (FND) soutient les gouverneurs dans leur volonté de contester les mesures, notamment l’augmentation de la TVA.
La tension monte entre Bogotá et les régions. Le ministre de la Justice, Andrés Idárraga, a averti que le gouvernement n’hésitera pas à engager des actions en justice contre les 17 gouverneurs qui ont publiquement annoncé leur refus de se conformer aux décrets d’urgence économique émis par le président Gustavo Petro. Selon le ministre, cette attitude constitue une « explosion juridique » et une remise en question illégale de la prérogative présidentielle.
« En fonction des actes administratifs émis par chaque gouvernorat pour concrétiser cette décision, le Gouvernement évaluera les actions judiciaires correspondantes », a déclaré Andrés Idárraga. Il a insisté sur le fait que les gouverneurs n’ont pas le pouvoir de contester la validité des décrets d’urgence, compétence réservée à la Cour constitutionnelle. Toute tentative de les ignorer, par exemple en invoquant une exception d’inconstitutionnalité, serait selon lui une usurpation de fonctions et une violation de la Constitution.
La contestation ne se limite pas à une simple déclaration de non-conformité. L’Association colombienne des capitales (Asocapitales) a déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle demandant la suspension provisoire du décret 1390 de 2025, qui a déclaré l’état d’urgence économique et sociale. Asocapitales estime que les motifs invoqués par le gouvernement ne répondent pas aux critères stricts définis par l’article 215 de la Constitution, notamment en termes de survenance, d’imprévisibilité et de gravité. L’association souligne qu’il s’agit de problèmes structurels et prévisibles qui devraient être résolus par des moyens ordinaires.
En conséquence, Asocapitales a également demandé la suspension des effets du décret 1474 de 2025 et de tous les autres décrets qui découlent de la déclaration d’urgence. Parallèlement, la Fédération Nationale des Départements (FND) a annoncé son soutien aux gouverneurs et leur intention d’analyser rapidement un mécanisme juridique pour bloquer les effets du décret 1474 de 2025, en particulier l’augmentation de la taxe sur la consommation et la hausse de la TVA, qui passe de 5% à 19%. Cette action se fera en attendant la décision de la Cour constitutionnelle sur le fond.
La FND met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de ces mesures sur la viabilité financière des départements et sur la fourniture de services essentiels tels que la santé, l’éducation et les sports. Les gouverneurs demanderont également à être entendus devant la Cour constitutionnelle et constitueront une commission de porte-parole pour représenter les intérêts des territoires dans ce processus.