Home Divertissement“Miss Carbon”, par Agustina Macri: résistance pas si silencieuse | Avec Lux Pascal et Laura Grandinetti

“Miss Carbon”, par Agustina Macri: résistance pas si silencieuse | Avec Lux Pascal et Laura Grandinetti

by Antoine Girard

Publié le 2 octobre 2025 15h33. Miss Coal, le nouveau film d’Agustina Macri, raconte l’histoire vraie de Carla Antonella Rodríguez, une femme transgenre qui a défié les normes sociales et les préjugés dans un environnement de travail traditionnellement masculin : les mines de charbon argentines.

  • Le film aborde les défis auxquels sont confrontées les personnes transgenres dans les espaces culturels et sociaux, en particulier dans des milieux dominés par les hommes.
  • Miss Coal est basé sur l’histoire de Carla Antonella Rodríguez, dont le parcours a été rendu possible par la loi argentine sur l’identité de genre de 2012.
  • Le long métrage met en scène Lux Pascal dans le rôle principal, aux côtés de Laura Grandinetti, Romina Escobar et Paco León.

Dans un univers où la tradition et la superstition règnent, Carlita, née Carlos, est une exception. Grâce à son document d’identité qui conserve son nom de naissance, elle peut travailler légalement dans les mines de Turbio River. Mais cette singularité ne la protège pas des moqueries et des préjugés. « Où cachera-t-elle son hochet ? » entend-on dans les galeries, témoignant d’une hostilité latente. Pourtant, Carlita est une figure connue et respectée dans la petite ville, habituée à surmonter les obstacles.

Le deuxième long métrage d’Agustina Macri, après Semedad (2018), s’inspire d’une histoire vraie, celle de Carla Antonella Rodríguez, dont le nom officiel a été légalement reconnu après l’adoption de la loi sur l’identité de genre en 2012. Le film se présente comme une chronique poignante de résilience et de dépassement de soi, transposée dans un récit de fiction.

Le film débute et se termine par la scène de l’élection de la reine du charbon, un dispositif narratif qui encadre l’histoire et la révèle progressivement à travers un vaste flashback. On découvre alors la vie de Carla, à l’aube de sa majorité, marquée par des rencontres amoureuses occasionnelles et la difficulté de concilier son identité avec les attentes de son père, profondément choqué par sa transition. Elle trouve du réconfort auprès de sa meilleure amie, incarnée par Romina Escobar, l’actrice connue pour ses rôles dans Nous ne mourrons jamais et Brève histoire de la planète verte.

C’est cependant Lux Pascal, actrice transgenre d’origine chilienne et sœur de Pedro Pascal, qui occupe le cœur du film. Elle incarne avec justesse et sensibilité le personnage de Carla, dont la force et la détermination semblent défier l’héritage politique de Macri, notamment sur les questions sociales.

Le film dépeint la résistance silencieuse de Carla, qui affirme avec conviction : « Je suis née pour exploiter la femme devant la femme ». Cette résistance se manifeste à travers un style réaliste et sobre, qui met en valeur la performance de Pascal. Une romance avec un ingénieur espagnol vient ponctuer son parcours, peut-être en raison de la co-production du film. Elle bénéficie également du soutien croissant de ses collègues, témoignant de sa compétence et de son dévouement.

Le véritable conflit émerge dans le troisième acte, lorsque Carla change légalement de nom et subit une opération de chirurgie mammaire. L’entreprise la contraint alors à un changement radical de poste, la transférant des profondeurs de la mine aux bureaux administratifs. Là, elle découvre que les femmes du bureau sont parfois moins tolérantes que les mineurs, une ironie qui souligne que l’empathie ne dépend pas du sexe ou du genre.

Miss Coal connaît un léger ralentissement narratif à la fin, lorsque la mort inattendue d’un personnage provoque une effusion de larmes et des cris de liberté qui semblent forcés. Cette scène, ainsi que celles qui la suivent, culminent avec l’élection de la reine du charbon, mais alourdissent le rythme et le point culminant du film, augmentant inutilement le volume dramatique. Néanmoins, Agustina Macri confirme avec ce film sa capacité à transformer des histoires vraies en récits cinématographiques classiques et énergiques, à l’instar de Semedad, qui était basé sur la vie de María Soledad Rosas.

You may also like

Leave a Comment