Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le cancer du col de l’utérus, bien que largement prévisible, continue de toucher de nombreuses femmes. L’oncologue chirurgicale Monika Pansari démystifie les idées reçues sur le dépistage et la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), soulignant l’importance d’une prévention proactive.
- Le cancer du col de l’utérus peut affecter les femmes de tout âge, et non seulement celles qui sont âgées.
- L’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de risque : un dépistage régulier est crucial pour détecter les anomalies à un stade précoce.
- Le vaccin contre le VPH est bénéfique même chez les jeunes adultes et ne favorise pas les comportements à risque.
Le cancer du col de l’utérus est l’un des cancers féminins les plus prévisibles grâce au dépistage et à la vaccination. Pourtant, de nombreuses femmes tardent à se faire dépister ou à se faire vacciner, souvent par peur, par manque d’information ou par confusion. La Dre Monika Pansari, oncologue chirurgicale principale aux hôpitaux de Manipal (MHEPL), a récemment publié un article sur LinkedIn pour clarifier les idées reçues sur ce sujet.
« Le cancer du col de l’utérus est l’un des cancers les plus évitables, mais de nombreuses femmes manquent encore le dépistage ou retardent la vaccination – souvent à cause de la peur, de la désinformation ou de la confusion », explique la Dre Pansari.
Démystifier les mythes courants
L’oncologue a identifié plusieurs idées fausses persistantes concernant le dépistage et la vaccination. Contrairement à une croyance répandue, le cancer du col de l’utérus n’est pas une maladie qui touche uniquement les femmes âgées. Bien que le risque augmente après 30 ans, les premiers changements précancéreux peuvent survenir bien plus tôt. C’est pourquoi le dépistage régulier est recommandé, même en l’absence de symptômes.
En effet, les premiers stades de l’évolution du cancer du col de l’utérus sont souvent silencieux. Attendre l’apparition de symptômes peut signifier que la maladie est déjà à un stade avancé. Le test Pap, bien que parfois perçu comme inconfortable, est un examen rapide, simple et généralement indolore, qui permet de détecter les anomalies avant qu’elles ne se transforment en cancer.
Une autre idée reçue concerne les femmes qui ne sont pas mariées ou sexuellement actives. Le cancer du col de l’utérus est lié à l’infection par le VPH, un virus très courant qui peut se transmettre même lors d’expositions limitées. Le dépistage est donc recommandé en fonction de l’âge et non de l’état civil.
Il est également important de souligner qu’un test Pap normal ne garantit pas une protection à vie. Un seul résultat rassurant ne dispense pas d’un suivi régulier, dont la fréquence sera déterminée par votre médecin en fonction de votre âge et du type de test effectué.
Comprendre le VPH
Le virus du papillome humain (VPH) est extrêmement répandu. La plupart des individus en seront porteurs à un moment donné de leur vie, souvent sans le savoir. Dans la majorité des cas, le système immunitaire élimine naturellement le virus. Cependant, une infection persistante par certains types de VPH à haut risque peut, avec le temps, conduire au développement d’un cancer du col de l’utérus.
Concernant le vaccin contre le VPH, il est souvent considéré comme réservé aux adolescentes. Bien qu’il soit plus efficace lorsqu’il est administré tôt, il peut également bénéficier aux jeunes adultes. Votre médecin pourra évaluer si la vaccination est appropriée dans votre situation.
Enfin, il est crucial de dissiper l’idée que le vaccin contre le VPH encourage les comportements à risque. Ce vaccin vise uniquement à prévenir le cancer et protège contre les types de virus responsables du cancer du col de l’utérus et d’autres cancers. De plus, le vaccin est utilisé depuis de nombreuses années et a fait l’objet de nombreuses études, avec des effets secondaires généralement légers, tels qu’une douleur au site d’injection ou une légère fièvre.
Même après la vaccination, le dépistage reste indispensable, car le vaccin ne protège pas contre tous les types de VPH cancérigènes.
Une approche globale pour une prévention efficace
La prévention du cancer du col de l’utérus repose sur une combinaison de trois éléments : un dépistage régulier, la vaccination contre le VPH et une sensibilisation accrue, accompagnée de conseils médicaux adaptés. Ensemble, ces mesures peuvent prévenir la majorité des cas de cancer du col de l’utérus.
La Dre Pansari conclut : « Prendre soin de sa santé n’est pas un acte égoïste, mais un acte de responsabilité. Si vous devez effectuer un dépistage ou si vous avez des questions sur le vaccin contre le VPH, parlez-en à votre médecin et faites le premier pas. Une action précoce peut sauver des vies. »
Dr Monika Pansari
MBBS, MS (Chirurgie générale – Médaillé d’or)
DNB (Oncologie Chirurgicale); FIAGES,
Bourse de recherche en oncologie mammaire et gynécologique (États-Unis).