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MPME dans la communauté économique de l’ASEAN : relier le plan à l’action concrète

Publié le 9 janvier 2026. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) s’efforce de renforcer le rôle des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans son intégration économique, mais des obstacles persistent en matière d’accès au financement,…

MPME dans la communauté économique de l’ASEAN : relier le plan à l’action concrète

Publié le 9 janvier 2026. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) s’efforce de renforcer le rôle des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans son intégration économique, mais des obstacles persistent en matière d’accès au financement, de compétences numériques et d’adaptation aux défis post-pandémiques.

  • Le Plan stratégique de la Communauté économique de l’ASEAN (AEC) 2026-2030 met l’accent sur la création d’un marché unique transparent et la promotion de la coopération économique intra-régionale.
  • Les MPME sont considérées comme des acteurs clés pour stimuler la croissance économique et renforcer l’intégration entre les différents piliers de la communauté ASEAN.
  • Malgré des progrès, des défis subsistent, notamment l’accès limité au financement et le manque de compétences numériques, exacerbés par la pandémie de COVID-19.

L’ASEAN réaffirme son engagement à construire une région « résiliente, innovante, dynamique et centrée sur l’humain », comme le souligne la Vision de la Communauté de l’ASEAN 2045. Ce projet ambitieux s’articule autour du Plan stratégique de l’AEC 2026-2030, qui succède au Plan de la Communauté économique de l’ASEAN 2025. Ce nouveau plan priorise des actions à court terme pour réaliser un marché unique transparent, encourager la coopération économique au sein de l’ASEAN et permettre une évaluation régulière des progrès.

Les cadres stratégiques successifs ont souligné l’importance cruciale des MPME dans l’intégration économique régionale. Leur participation à la chaîne de valeur de l’ASEAN et leur rôle dans le renforcement des liens entre les différents secteurs de la communauté sont considérés comme essentiels. Le Plan 2025, qui a évalué les trajectoires d’intégration économique de 2016 à 2025, a mis en place un programme structuré pour renforcer le rôle des MPME.

Outre les objectifs généraux, plusieurs instruments ont été mis en œuvre pour assurer le suivi et l’évaluation des progrès. Le Plan d’action stratégique consolidé (CSAP) suit l’évolution globale, tandis que le Plan d’action stratégique de l’ASEAN pour le développement des PME 2016-2025 (SAP SMED) vise à soutenir la croissance des MPME et à résoudre les problèmes systémiques. Le SAP SMED s’articule autour de deux phases : une période d’intégration (2016-2020) et une phase d’expansion mondiale (2021-2025), visant à rendre les MPME compétitives, innovantes, inclusives et résilientes à l’échelle mondiale.

Le SAP SMED comprend un plan d’action et une feuille de route de mise en œuvre, définissant des objectifs stratégiques mesurés par des indicateurs clés de performance (KPI). Le suivi est assuré par le Cadre de suivi et d’évaluation (S&E) de l’AEC 2025, qui contrôle la conformité, suit les résultats et évalue l’impact.

Plusieurs États membres de l’ASEAN ont mis en place des politiques nationales pour soutenir ces objectifs régionaux. Par exemple, la Malaisie soutient les MPME Bumiputera dans le cadre de sa Politique nationale de l’entrepreneuriat, en accord avec les objectifs du SAP SMED en matière d’accès au marché. De même, la Fédération des entreprises de Singapour dispose d’un comité dédié aux PME, axé sur le renforcement des capacités et la compétitivité.

Bien que des succès aient été enregistrés, des défis persistent. Le Rapport KPI 2020 a souligné les difficultés d’accès au financement et d’internationalisation. Le manque de données fiables, notamment sur les activités internationales des MPME, complique le suivi efficace. Les obstacles à l’accès au financement sont souvent liés au manque d’informations financières fiables, tandis que l’internationalisation est freinée par la difficulté de trouver des partenaires commerciaux et le manque de ressources financières.

Outre les problèmes structurels, le manque de compétences numériques et le manque d’assistance technique constituent des freins supplémentaires. La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif sur les MPME, entraînant des suspensions d’activité, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des licenciements. Pour y remédier, le rapport KPI 2020 propose de rapprocher les entreprises grâce à des plateformes numériques et de développer une infrastructure financière solide.

L’Examen à mi-parcours du Plan d’action 2025 de la Communauté économique de l’ASEAN a réaffirmé que le financement reste un obstacle majeur pour les MPME. Le fait que de nombreuses MPME opèrent dans le secteur informel contribue au manque d’informations sur le crédit et de protection sociale. L’Examen à mi-parcours du Plan d’action stratégique de l’ASEAN pour le développement des PME 2016-2025 a souligné la robustesse du SAP SMED, mais a également constaté un manque de sensibilisation des parties prenantes. Il recommande de réaligner les ressources sur les priorités régionales et de mettre en place un système de S&E plus efficace.

L’Indice des politiques PME 2024 a analysé l’amélioration des politiques en faveur des MPME dans l’ASEAN. Il a souligné la nécessité de faciliter l’accès au financement, notant que les progrès varient considérablement d’un pays à l’autre. Le Laos et le Myanmar en sont aux premiers stades de développement de leurs politiques financières, tandis que Singapour, la Malaisie et l’Indonésie sont plus avancés. L’indice souligne la nécessité de renforcer la collecte de données pour étayer des politiques fondées sur des preuves et mieux identifier les besoins spécifiques des MPME.

Le Plan stratégique de l’AEC ambitionne de faire de l’ASEAN la quatrième économie mondiale. Des mesures stratégiques sont prévues pour améliorer l’accès au financement, la participation au marché et la numérisation, afin de favoriser un « environnement commercial inclusif, innovant et compétitif » et d’intégrer les MPME dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. La numérisation devrait améliorer l’accessibilité au marché, faciliter l’accès au financement et stimuler la croissance économique, tandis que l’économie circulaire est essentielle pour promouvoir le développement durable.

Le 47e Sommet de l’ASEAN, qui s’est tenu en octobre 2025 à Kuala Lumpur, a salué des initiatives telles que la feuille de route pour établir un numéro d’identification d’entreprise unique et le Centre d’excellence de l’ASEAN pour les MPME en transition verte. Le Conseil consultatif des entreprises de l’ASEAN continue de soutenir les MPME en fournissant des recommandations et en plaidant pour la simplification des rapports sur le développement durable. Les Philippines, qui assureront la présidence de l’ASEAN en 2026, ont déjà identifié l’intégration d’un programme de développement des MPME comme l’une de leurs priorités.

Malgré les progrès réalisés aux niveaux régional et national, il est nécessaire de mettre en place un programme plus rationalisé et axé sur les résultats. Les engagements doivent se traduire en mesures concrètes pour favoriser la culture numérique et financière dans le contexte du commerce transfrontalier. L’ASEAN doit améliorer son évaluation d’impact pour déterminer comment ces stratégies affectent les environnements socio-économiques des États membres et réduire les disparités régionales. Sans des mécanismes institutionnels solides, l’intégration des MPME dans le marché unique de l’ASEAN risque de ralentir.

Le succès du Plan stratégique de l’AEC dépend de l’appropriation par les organismes sectoriels et les parties prenantes de l’ASEAN, ainsi que de la mise en œuvre de politiques nationales soutenant l’économie numérique et la durabilité. Toutes les parties prenantes doivent reconnaître que les facteurs politiques et économiques qui façonnent chaque État membre sont dynamiques et nécessitent des stratégies proactives. L’ASEAN doit également faire preuve de pragmatisme et reconnaître que les questions d’accès au financement et d’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales nécessitent une coopération institutionnelle renforcée et un réalignement des priorités si nécessaire.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.