Home SantéMpox se propage : pourquoi presque personne ne parle de ce virus

Mpox se propage : pourquoi presque personne ne parle de ce virus

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. La variole du singe, rebaptisée Mpox, circule toujours discrètement à travers le monde, malgré un sentiment général de contrôle de la situation. Des recherches récentes mettent en lumière les mécanismes de transmission et les réservoirs animaux de ce virus zoonotique, soulignant la nécessité d’une vigilance continue.

  • La Mpox est causée par le virus de la variole du singe (MPXV) et est principalement présente chez les rongeurs d’Afrique occidentale et centrale.
  • Des études ont identifié les écureuils comme hôtes importants du virus, transmettant la maladie aux primates et, potentiellement, aux humains.
  • La transmission du virus se fait principalement par contact étroit avec les muqueuses, notamment lors de rapports sexuels, mais une transmission aérienne à grande distance semble peu probable.

Alors que l’épidémie de Mpox de 2022 a été contenue grâce à des mesures comportementales et à la vaccination, les chercheurs insistent sur le fait que le virus continue d’évoluer et de se propager, en particulier en raison de l’interaction croissante entre les humains, les animaux sauvages et les animaux domestiques.

Fabian Leendertz, directeur de l’Institut Helmholtz pour une seule santé (HIOH) à Greifswald, estime que la prochaine pandémie après le SRAS-CoV-2 est déjà là. Son équipe se concentre sur l’étude des zoonoses, ces maladies infectieuses transmissibles des animaux aux humains et vice versa, comme le coronavirus, la grippe aviaire et la Mpox.

Les recherches menées dans le parc national de Taï, en Côte d’Ivoire, ont permis de comprendre comment le virus se propage. Les scientifiques ont observé des mangabeys fuligineux chassant et consommant des écureuils aux pieds de feu, lesquels étaient infectés par le MPXV. « C’était la première fois que l’on parvenait à démontrer comment se produit la transmission », explique Fabian Leendertz.

La chasse aux animaux sauvages et leur commercialisation sur les marchés constituent un vecteur majeur de transmission du virus à l’homme. Les populations locales sont donc particulièrement exposées.

Julia Port, responsable d’un groupe de recherche au Centre Helmholtz pour la recherche sur les infections, a étudié les voies de transmission du MPXV sur un modèle animal. Ses travaux montrent que le virus peut infecter par la peau, les voies respiratoires, mais surtout par les muqueuses rectales et vaginales. Elle souligne que les muqueuses offrent au virus les meilleures conditions de réplication.

Bien que l’infection au MPXV soit généralement bénigne, elle peut être dangereuse, voire mortelle, pour les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes de conditions préexistantes. Les symptômes typiques incluent des lésions cutanées infectieuses, telles que des cloques et des pustules.

Les experts distinguent deux variantes génétiques principales du virus, le clade I d’Afrique centrale et le clade II d’Afrique de l’Ouest, chacun étant subdivisé en sous-clades. C’est le clade IIb qui a été à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022.

Malgré la propagation du virus sur tous les continents, les chercheurs se montrent relativement optimistes. L’épidémie de 2022 a été maîtrisée grâce à des mesures comportementales simples, comme l’évitement des contacts physiques étroits, et à la vaccination. Julia Port précise que, pour l’instant, il n’existe aucune preuve concrète que les mutations actuelles du MPXV entraînent une augmentation de sa transmissibilité.

Fabian Leendertz insiste sur l’importance d’une approche “One Health”, qui prend en compte la santé humaine, animale et environnementale. Son projet de recherche en Côte d’Ivoire vise à identifier les animaux réservoirs du virus et à sensibiliser les populations locales aux risques d’infection.

Selon lui, la prévention repose en grande partie sur le changement de comportement humain. La manière dont les virus évoluent est difficile à contrôler, mais la façon dont les gens interagissent avec les animaux peut l’être. Cela pourrait constituer la meilleure défense contre de futures pandémies.

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