Publié le 27 septembre 2025 22:04:00. Une chercheuse de l’Université de Caroline du Nord (UNC) a obtenu plus de 2,5 millions de dollars américains (environ 2,3 millions d’euros) pour une étude visant à améliorer le traitement du papillomavirus humain (HPV) chez les femmes vivant avec le VIH en Afrique, une population particulièrement vulnérable au cancer du col de l’utérus.
- Le Dr Chemtai Mungo, de l’UNC, mènera un essai clinique au Kenya pour tester une thérapie abordable et auto-administrée après un traitement thermique du précancer cervical.
- Les femmes vivant avec le VIH (WWH) en Afrique sont disproportionnellement touchées par le cancer du col de l’utérus, représentant 85 % des nouveaux cas et 90 % des décès dans le monde.
- Cette recherche s’inscrit dans le cadre de la stratégie mondiale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) visant à éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030.
Le Dr Chemtai Mungo, professeur adjoint au département d’obstétrique et de gynécologie de l’UNC, membre du Lineberger Comprehensive Cancer Center et de l’Institut UNC pour les maladies mondiales de la santé et des infectieuses, a reçu cette subvention de cinq ans des National Institutes of Health (NIH). Son travail se concentre sur l’amélioration de l’accès à une prévention efficace du cancer du col de l’utérus dans les pays à faible revenu, en particulier en explorant des méthodes adaptées aux ressources locales.
Le cancer du col de l’utérus représente un défi majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, où les systèmes de santé sont souvent fragiles et l’accès aux soins est limité. Le Dr Mungo explique que son engagement dans cette lutte est né de son expérience personnelle :
« Mon parcours a commencé en observant les effets dévastateurs des décès évitables dus au cancer du col de l’utérus dans le Kenya rural, où la pauvreté et les systèmes de santé fragiles rendent les soins contre le cancer inaccessibles. »
Dr Chemtai Mungo, professeur adjoint à l’UNC
L’ablation thermique, une technique mini-invasive qui utilise la chaleur ou le froid extrême pour détruire les cellules précancéreuses, est actuellement le traitement le plus accessible du précancer cervical dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFM). Cependant, son efficacité est réduite chez les femmes vivant avec le VIH, en raison de taux de récidive plus élevés. Pour pallier ce problème, le Dr Mungo propose d’évaluer l’ajout d’une thérapie médicale simple et auto-administrée après l’ablation thermique.
L’essai clinique au Kenya portera sur 140 femmes vivant avec le VIH et visera à déterminer si l’utilisation de 5-fluorouracil (5FU), un agent chimiothérapeutique abordable et largement disponible, administré par voie intravaginale après l’ablation thermique, peut améliorer les résultats du traitement. Cette approche s’appuie sur des données issues d’essais cliniques menés aux États-Unis et sur une étude pilote récente au Kenya.
Cette recherche s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie mondiale 90/70/90 lancée par l’OMS en 2018, qui vise à vacciner 90 % des filles contre le VPH à l’âge de 15 ans, à dépister 70 % des femmes et à assurer un traitement adéquat à 90 % des personnes diagnostiquées avec un précancer ou un cancer du col de l’utérus d’ici 2030. Atteindre ces objectifs ambitieux nécessite des stratégies innovantes, fondées sur des preuves scientifiques solides et facilement reproductibles.
Si les résultats de l’essai clinique sont positifs, le 5FU auto-administré pourrait constituer une solution évolutive pour améliorer la prévention secondaire du cancer du col de l’utérus pour des millions de femmes vivant avec le VIH dans le monde, contribuant ainsi à l’élimination de ce cancer évitable.
La recherche du Dr Mungo bénéficie également du soutien du Programme de recherche sur la santé génésique des femmes de l’UNC (une bourse de développement de carrière du NIH K12), d’une bourse du UNC Center for AIDS Research Developmental Award et d’une subvention pilote du Centre de soins complets de Lineberger.
Ce projet, intitulé « Efficacité élargie de sécurité et de préliminaire du 5-fluorouracil adjuvant après l’ablation thermique pour améliorer les résultats de traitement du VPH chez les femmes vivant en Afrique », est financé par le National Cancer Institute des National Institutes of Health dans le cadre d’une récompense de mérite R37 (numéro de récompense : R37CA306827).
À lire aussi
