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Musique et fromage contre la démence : ce que montrent de nouvelles études

by Sophie Martin

Publié le 27 novembre 2023 19h30. Des études récentes ouvrent des perspectives encourageantes dans la prévention de la démence, soulignant l’importance d’un mode de vie actif et de certaines habitudes alimentaires pour préserver les fonctions cognitives.

  • L’écoute régulière de musique réduirait le risque de troubles cognitifs jusqu’à 39 %.
  • La consommation de fromage serait associée à de meilleures performances cognitives.
  • L’activité physique pratiquée entre 40 et 65 ans aurait un impact significatif sur la prévention de la démence.

Face à l’échec récent de nouveaux médicaments contre la maladie d’Alzheimer en Europe, la recherche scientifique se concentre de plus en plus sur la prévention active comme moyen de lutter contre la démence. Des études récentes, menées par des universités et des instituts de recherche de renom, mettent en lumière des facteurs de risque modifiables et des interventions simples qui pourraient réduire considérablement l’incidence de cette maladie.

Selon une vaste étude menée par l’Université Monash auprès de plus de 10 000 personnes âgées, les personnes qui écoutent régulièrement de la musique présentent un risque réduit de 39 % de développer des troubles cognitifs. Ce bénéfice serait lié à la stimulation complexe du cerveau induite par la musique, qui active simultanément plusieurs zones, du traitement auditif aux réseaux émotionnels. Ce phénomène, appelé réserve cognitive, renforce les connexions neuronales et rend le cerveau plus résistant aux maladies.

Une étude japonaise, réalisée par l’Université Toho sur près de 8 000 personnes âgées, a également révélé un lien entre la consommation régulière de fromage et de meilleures performances cognitives. Les chercheurs expliquent ce résultat par la présence de vitamine K2 et de peptides bioactifs dans les produits laitiers fermentés, qui possèdent des propriétés anti-inflammatoires. De plus, l’axe intestin-cerveau, dont le rôle dans la prévention des maladies neurodégénératives est de plus en plus reconnu, est favorisé par la consommation de produits fermentés qui contribuent à un intestin sain.

Toutefois, les experts soulignent qu’une consommation équilibrée est essentielle pour éviter les risques cardiovasculaires liés aux graisses saturées. Il est donc important de privilégier une sélection judicieuse des fromages et de les intégrer dans une alimentation variée et équilibrée.

L’importance de l’activité physique, en particulier à l’âge mûr, est confirmée par les données de la Framingham Heart Study. Cette étude à long terme démontre que l’exercice physique pratiqué entre 40 et 65 ans réduit le risque de démence de près de 45 %. Ces résultats remettent en question les programmes de prévention actuels, qui ciblent principalement les personnes âgées, et soulignent la nécessité de sensibiliser les populations dès l’âge de 40 ans.

L’exercice améliore la santé vasculaire et protège contre les micro-accidents vasculaires cérébraux et l’accumulation de plaques dans le cerveau. Cette fenêtre temporelle critique, bien que se fermant avec l’âge, s’ouvre plus tôt qu’on ne le pensait.

Ces nouvelles découvertes interviennent à un moment crucial, alors que l’Agence européenne des médicaments reste sceptique quant à l’approbation du lécanemab, un médicament contre la maladie d’Alzheimer. Face à ce rejet, l’industrie pharmaceutique se tourne vers des approches de prévention multimodales, en créant des « cliniques de santé cérébrale » qui proposent un coaching personnalisé en matière de style de vie plutôt que des traitements médicamenteux.

La Commission Lancet a déjà identifié 14 facteurs de risque modifiables liés à la démence. Les études actuelles fournissent désormais des pistes concrètes pour mettre en œuvre ces recommandations.

Les experts anticipent que la prévention personnalisée deviendra la norme dans les années à venir, grâce aux applications et aux appareils portables basés sur l’intelligence artificielle. Ces outils fourniront des recommandations sur mesure, basées sur le profil de risque individuel, en matière de sélection musicale, d’alimentation et d’entraînement physique.

La prédisposition génétique et les habitudes de vie actuelles seront prises en compte pour établir un profil de risque personnel, que la technologie traduira en mesures quotidiennes concrètes. Le message est clair : il n’est pas nécessaire d’attendre une pilule miracle. Les outils les plus efficaces contre l’oubli sont déjà à notre portée : ils se trouvent dans nos écouteurs, sur notre plateau de fromages et dans nos chaussures de course.

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