Des chiens errants vivant dans la zone d’exclusion de Tchernobyl ont été aperçus avec une coloration bleutée inhabituelle, suscitant l’étonnement des associations de protection animale et des scientifiques. L’origine de ce phénomène, qui a été constaté récemment par l’équipe de l’organisation « Les Chiens de Tchernobyl », reste à ce stade inconnue.
L’équipe a partagé des images et des vidéos montrant des meutes de chiens présentant des taches bleues, voire une fourrure entièrement bleue. « Nous ne savons pas exactement ce qui se passe », a déclaré l’organisation. « Ils n’étaient pas bleus la semaine dernière. Nous essayons de les capturer pour comprendre l’origine de cette coloration. » L’hypothèse d’une exposition à un produit chimique est privilégiée.
Malgré cette apparence surprenante, l’organisation, qui fait partie du Clean Futures Fund, a rassuré le public en indiquant que les animaux semblaient en bonne santé et très actifs. « Les Chiens de Tchernobyl » fournissent chaque année nourriture et soins médicaux à ces animaux, descendants de chiens abandonnés lors de l’évacuation des populations après la catastrophe nucléaire de 1986.
Sur les réseaux sociaux, les spéculations vont bon train. Certains internautes suggèrent une contamination chimique externe, potentiellement lavable, tandis que d’autres s’étonnent de la fertilité de ces chiens après des années d’exposition à la radioactivité.
La zone d’exclusion de Tchernobyl, créée après l’explosion de la centrale nucléaire en avril 1986, est devenue un sanctuaire pour la faune sauvage, malgré des niveaux de radiation six fois supérieurs aux normes de sécurité pour l’homme. Des études récentes ont montré que certains animaux ont développé des adaptations génétiques pour survivre dans cet environnement toxique.
Une étude menée en 2024 par des chercheurs de l’Université de Columbia, dirigée par Norman J. Kleiman, spécialiste de la santé environnementale, a analysé des échantillons de sang de 116 chiens semi-sauvages vivant près de la centrale et dans la ville de Tchernobyl. Les résultats ont révélé l’existence de deux populations de chiens génétiquement distinctes, suggérant que des générations d’exposition ont pu déclencher des adaptations génétiques durables.
« D’une manière ou d’une autre, deux petites populations de chiens ont réussi à survivre dans cet environnement hautement toxique », a expliqué M. Kleiman. « Nous n’en sommes qu’aux premiers pas pour comprendre l’impact d’une exposition chronique à de multiples risques environnementaux sur ces populations. »