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NASA lance satellite LINK via Pegasus pour sauver Swift

by Thomas Caron
L'urgence orbitale et le risque de rentrée atmosphérique
La NASA lancera le satellite LINK le 30 juin 2026 depuis l’atoll de Kwajalein pour sauver l’observatoire Neil Gehrels Swift. Cette mission de 30 millions de dollars, conçue par Katalyst Space et propulsée par une fusée Pegasus XL, vise à relever l’orbite du télescope pour éviter sa rentrée atmosphérique prévue cet automne.

L’urgence orbitale et le risque de rentrée atmosphérique

L'urgence orbitale et le risque de rentrée atmosphérique
Photo: EarthSky

L’observatoire Neil Gehrels Swift, lancé en novembre 2004, fait face à une menace critique : la traînée atmosphérique. Ce phénomène, exacerbé par une activité solaire accrue, réduit progressivement l’altitude des engins en orbite basse. Selon EarthSky, si aucune intervention n’a lieu, le télescope plongera dans l’atmosphère et brûlera d’ici l’automne.

Pour maintenir ses capacités scientifiques, Swift doit impérativement rester au-dessus d’une altitude d’environ 185 miles (300 kilomètres). Or, les prédictions de la NASA indiquaient que ce seuil pourrait être atteint dès juillet.

Afin de ralentir cette chute, l’équipe d’opérations du Eberly College of Science de Penn State a dû modifier l’orientation de l’engin. Plutôt que de pointer vers des cibles scientifiques, le télescope est désormais maintenu dans la position la plus profilée possible pour minimiser la friction.

Pourquoi Swift demeure indispensable face à Hubble et Webb

Pourquoi Swift demeure indispensable face à Hubble et Webb
Photo: Space

L’idée de laisser un satellite de 22 ans disparaître pourrait sembler logique, mais Swift possède une spécialité unique. Il agit comme une sentinelle orbitale traquant les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l’univers.

« Swift est l’outil multifonction de la NASA pour l’étude du cosmos. Il observe le ciel en utilisant une large gamme de lumière et pointe rapidement vers des explosions éphémères, alertant d’autres installations dans l’espace et au sol pour aider à coordonner des observations de suivi. »
S. Bradley Cenko, chercheur principal de Swift au Goddard Space Flight Center de la NASA, via NASA Science

La différence majeure avec d’autres instruments réside dans la réactivité. Alors que le télescope Hubble peut mettre jusqu’à deux jours pour s’orienter vers une nouvelle cible, Swift le fait en quelques minutes. Cette agilité lui permet d’être le premier sur les lieux d’un événement cosmique.

Le nom de l’observatoire n’est pas un acronyme, mais reflète cette capacité à pivoter rapidement et autonomement ses télescopes X et UV presque n’importe où dans le ciel.

Le satellite LINK : un prototype de maintenance spatiale

Pegasus XL rocket successfully launches NASA’s satellite to study ionosphere

La mission de sauvetage repose sur LINK, un satellite de service robotisé construit par Katalyst Space. L’engin pèse environ 880 livres et mesure 1,5 mètre de haut, soit environ un tiers de la taille de Swift.

L’architecture de LINK est conçue pour une intervention physique directe :

  • Trois bras robotiques pour saisir l’observatoire.
  • Trois propulseurs ioniques pour relever l’altitude.
  • 20 pieds de panneaux solaires pour l’alimentation électrique.
  • L’objectif est de livrer LINK directement sur l’orbite de Swift, de s’y agripper, puis de remonter lentement l’altitude du télescope sur plusieurs mois.

    « Swift n’a pas été conçu pour être entretenu. En démontrant que nous pouvons prolonger sa durée de vie de manière rapide et rentable, nous créons un modèle pour l’entretien d’engins spatiaux qui n’ont jamais été conçus pour une maintenance en orbite. »
    Ghonhee Lee, PDG de Katalyst Space, via NASA Science

    L’enjeu économique et la stratégie du servicing commercial

    Le coût de l’opération soulève des questions d’arbitrage budgétaire. Space.com rapporte que la NASA débloque 30 millions de dollars pour ce sauvetage, alors que le coût initial de lancement de Swift en 2004 était de 250 millions de dollars.

    Pour la NASA, l’investissement ne concerne pas seulement la science, mais aussi le développement d’une filière industrielle. En contractant Katalyst Space en septembre dernier, l’agence a imposé un défi technique majeur : concevoir, construire et lancer un satellite de service en moins d’un an.

    Cette approche marque un tournant. Plutôt que d’accepter la fin de vie systématique des satellites, la NASA teste la capacité du secteur commercial américain à repositionner, réparer ou ravitailler des actifs spatiaux.

    « Nous ne voulions pas établir le précédent que tout ce qui sort de l’orbite doit être boosté, car il fait partie de notre écosystème spatial que les choses se désorbitent fréquemment. Mais ceci n’était pas n’importe quel engin spatial ; c’est un observatoire doté de capacités uniques pour l’astrophysique. »
    Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division Astrophysique de la NASA, via Space.com

    Le lancement est prévu pour le 30 juin à 6h23 EDT depuis l’atoll de Kwajalein. Le choix de ce site, proche de l’équateur, permet à la fusée Pegasus XL de bénéficier d’une impulsion supplémentaire grâce à la rotation de la Terre. Les opérations scientifiques de Swift sont suspendues jusqu’à la réussite de cette manœuvre.

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    L'enjeu économique et la stratégie du servicing commercial
    Photo: NASA Science (.gov)

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