La centrale nucléaire de Beznau, en Argovie, réduit sa production ce vendredi 26 juin 2026 pour protéger l’écosystème de l’Aar face à des températures d’eau trop élevées. Cette mesure intervient alors que la Suisse subit une canicule intense et une sécheresse plus marquée que lors des crises de 2015, 2018 et 2022.
L’impact thermique sur la centrale de Beznau
La gestion de la production électrique suisse se heurte à une contrainte environnementale majeure. Selon les informations rapportées par la RTS, l’activité de la centrale de Beznau a été réduite de moitié dès mardi dernier. Cette limitation, qui pourrait mener à un arrêt total ce vendredi, ne résulte pas d’un problème technique interne, mais de la température de l’Aar. Le seuil critique de 25 degrés en aval a été atteint mercredi. Pour éviter de rejeter des eaux de refroidissement trop chaudes dans une rivière déjà en souffrance, l’exploitant Axpo doit ajuster son rythme de production.“Un tel arrêt n’est pas idéal. Nous espérons une amélioration des conditions météorologiques.
Bien que cet arrêt soit contraignant, l’exploitant précise que les infrastructures ne sont pas en danger. La priorité est le respect des normes environnementales strictes visant à protéger la faune et la flore aquatiques.Une sécheresse dépassant les records de 2015, 2018 et 2022
- Bâle/Binningen : 38,8 °C (record absolu pour cette station).
- Allemagne (Saarbruck) : 41,3 °C, un record absolu selon le DWD.
- Grono (GR) : 41,5 °C (record historique de la Suisse établi en 2003).
L’érosion rapide des glaciers alpins
L’impact de la chaleur ne se limite pas aux villes ; il transforme radicalement le paysage glaciaire. Matthias Huss, responsable de la surveillance des glaciers, a observé une perte de glace particulièrement brutale sur le Glacier du Rhône. Selon les observations rapportées par Le Temps, les glaciers ont perdu environ un mètre de hauteur verticale en seulement dix jours. Ce phénomène est accentué par une chute de 25 % de l’enneigement par rapport à la période de référence 2010-2020. La disparition précoce de la couche de neige expose la glace sombre, laquelle absorbe davantage de rayonnements solaires, créant un cercle vicieux de fonte accélérée.L’approvisionnement électrique face aux défis climatiques
Malgré l’arrêt potentiel de la centrale de Beznau, la menace d’une pénurie d’énergie ou d’une explosion des tarifs semble écartée pour le moment. La Suisse compense ses déficits de production par des importations et par l’utilisation de ses capacités hydrauliques. Les barrages valaisans affichent un taux de remplissage de 26 %, un niveau considéré comme normal pour la saison malgré le faible enneigement hivernal. Paradoxalement, la chaleur intense peut jouer un rôle de soutien pour le stockage d’eau.“La canicule a pour effet d’accélérer la fonte des glaciers et donc d’accélérer aussi le remplissage des barrages. Donc de ce point de vue-là, on n’a pas de grands soucis pour l’année 2026.
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