Publié le 27 novembre 2025 00:29:00. L’ancien président Nicolas Sarkozy voit tous ses recours épuisés dans l’affaire Bygmalion, confirmant sa condamnation pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, une nouvelle épreuve judiciaire après sa récente incarcération dans l’affaire des écoutes.
- La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Nicolas Sarkozy, confirmant sa condamnation à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme.
- Cette décision marque la fin d’une longue bataille juridique pour l’ancien chef de l’État dans ce dossier.
- L’affaire Bygmalion met en lumière un système de double facturation visant à dissimuler les dépenses excessives de la campagne de 2012.
Nicolas Sarkozy a pris acte du rejet de son recours, ont indiqué ses avocats, Patrice Spinosi et Emmanuel Piwnica. Cette condamnation intervient après celle prononcée en décembre 2024 dans l’affaire des écoutes, également connue sous le nom d’affaire Bismuth, où il a été condamné à un an de prison avec sursis sous bracelet électronique.
L’affaire Bygmalion avait été quelque peu éclipsée par l’incarcération récente de l’ancien président à la prison de la Santé dans le cadre de l’affaire libyenne. Ce pourvoi devant la Cour de cassation constituait son dernier recours juridique en France dans ce dossier emblématique.
En février 2024, la cour d’appel de Paris avait condamné Nicolas Sarkozy à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour avoir bénéficié d’un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. La peine prononcée en appel était légèrement moins sévère que celle d’un an de prison ferme prononcée en première instance en 2021. La cour avait ordonné l’aménagement de la peine ferme, envisageant le port d’un bracelet électronique ou une semi-liberté.
Selon un communiqué de la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire française, le rejet des arguments présentés par la défense signifie que “le candidat, le directeur de sa campagne et les deux directeurs du parti politique, qui soutenaient le candidat, sont donc définitivement condamnés”. La Cour de cassation vérifie le respect de la procédure légale et non le fond des affaires.
Dans ce dossier, les investigations ont révélé un système de double facturation mis en place pour masquer l’explosion des dépenses de campagne – près de 43 millions d’euros, alors que le maximum autorisé était de 22,5 millions d’euros. Ce système imputait à l’UMP (devenu Les Républicains, LR) une partie importante des coûts des meetings, sous couvert de conventions fictives.
Contrairement à ses co-accusés, Nicolas Sarkozy n’était pas mis en cause pour la mise en place de ce système de fausses factures, mais pour avoir bénéficié, en tant que candidat, d’un financement politique illégal. Il a toujours contesté toute responsabilité pénale, dénonçant des “fables” et des “mensonges” lors des audiences.
Trois autres condamnés en appel, Guillaume Lambert, directeur de campagne, et les anciens cadres de l’UMP Éric Cesari et Pierre Chassat, s’étaient également joints au pourvoi devant la Cour de cassation.
L’ancien champion de la droite, âgé de 70 ans, avait porté un bracelet électronique entre février et mai 2025, avant d’obtenir une libération conditionnelle avant mi-peine, notamment en raison de son âge.
Cette deuxième condamnation définitive complique davantage la situation judiciaire de Nicolas Sarkozy, qui se prépare pour le procès en appel dans l’affaire libyenne, prévu du 16 mars au 3 juin.
Le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné le 25 septembre 2025 à cinq ans de prison pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 auprès de la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi.
Le tribunal de Paris avait pris en compte l’affaire des écoutes lors de la détermination de la peine, reprochant à Nicolas Sarkozy d’avoir “relativisé cette condamnation” en “minimisant la gravité des faits”, tout en écartant la condamnation Bygmalion en raison de son caractère non définitif jusqu’à présent.
Nicolas Sarkozy, qui continue de clamer son innocence, a passé trois semaines en détention à la Santé, une situation inédite pour un ancien président de la République française qui a suscité de vives réactions.
La cour d’appel de Paris l’a remis en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre. L’ancien président s’apprête à publier un livre relatant son expérience carcérale, intitulé “Le Journal d’un prisonnier”, qui paraîtra un mois après sa sortie de prison.
Avec AFP
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