L’ancien agent de la Sûreté de l’État encourait initialement la réclusion à perpétuité, une peine dont le régime d’exécution précis en Belgique a été détaillé par les experts juridiques.
Le 29 mars 2023, un drame secouait la commune de Lasne, en région wallonne. Nicolas Ullens de Schooten, ancien membre de la Sûreté de l’État, s’était rendu à Ohain pour rendre visite à son père, le baron Guy Ullens, industriel fortuné connu pour avoir dirigé et revendu la Raffinerie tirlemontoise avant d’investir dans diverses sociétés selon les précisions du média belge. En quittant les lieux à bord d’une vieille Dacia après une discussion financière qui n’avait pas abouti selon les éléments recueillis par l’organe de presse, l’homme a provoqué une collision avec la Golf que conduisait sa belle-mère, Myriam Lechien, dite la baronne « Mimi » Ullens. Armé d’un Glock 9 mm qu’il transportait dans son véhicule, il a fait feu à six reprises, touchant mortellement la victime à la tête et au thorax.
Les enjeux juridiques et la qualification d’assassinat
À l’issue de l’instruction, Nicolas Ullens a été renvoyé devant la cour d’assises sous l’accusation d’assassinat, la justice retenant ainsi la préméditation. D’après les auditions ayant fuité dans le dossier relayé par la source initiale, l’accusé a expliqué avoir agi sous l’effet d’une immense colère, décrivant un voile rouge devant ses yeux au moment de faire feu. Le barème pénal attaché à cette infraction place la perpétuité au sommet de l’échelle des sanctions encourues.
Cependant, l’éventualité de circonstances atténuantes pourrait bouleverser l’issue des débats. Interrogé par le site d’information, l’avocat pénaliste et professeur à l’ULB Pierre Chomé rappelle la nature de ces critères : Les circonstances atténuantes sont subjectives, par principe
. De son côté, Me Töller précise l’étendue de la fourchette de peine en cas de reconnaissance de telles circonstances :
La réalité de la réclusion à perpétuité en droit belge
La question du véritable contenu d’une condamnation à perpétuité fait l’objet d’idées reçues que les praticiens du droit s’attachent à déconstruire. Contrairement à une croyance répandue, une telle peine ne se résume pas mathématiquement à trente années d’incarcération d’après les précisions apportées par l’avocat.
L’explication juridique repose sur des impératifs conventionnels et procéduraux précis. La Cour européenne des droits de l’homme s’oppose à toute peine totalement incompressible, assimilable à une peine de mort déguisée, exigeant qu’un espoir de réinsertion soit préservé. Dès lors, le système belge fixe à quinze ans le délai minimum requis pour déposer une première demande de libération conditionnelle auprès du tribunal de l’application des peines (TAP), s’alignant sur le repère applicable à une peine fixe de trente ans. Les jurés et la cour disposent toutefois de la faculté d’alourdir ce plancher temporel. Comme le souligne Me Töller dans l’analyse publiée par le journal, il existe des formules assorties d’un seuil minimal de sûreté : Vous avez la perpétuité avec un minimum de 25 ans
.
Une remise en liberté inattendue à l’approche des assises
À six mois de l’ouverture du procès aux assises, la décision de remettre Nicolas Ullens en liberté a pris sa famille de court, celle-ci l’apprenant par un concours de circonstances fortuit selon les révélations de la presse. Durant sa détention préventive, l’ancien agent de la Sûreté de l’État a connu une transformation personnelle marquée, rapportée par les publications spécialisées : l’intéressé a perdu 12 kilos et gagne 0,80€ de l’heure
derrière les barreaux.

Ce contexte judiciaire s’inscrit sur fond de tensions familiales anciennes. Le mariage célébré en 1999 entre le baron Guy Ullens et Myriam Lechien avait nourri des rancœurs durables au sein du clan familial, les enfants du premier lit estimant leur place et la gestion du patrimoine compromises au profit de la nouvelle épouse, engagée par ailleurs dans de multiples œuvres philanthropiques et artistiques relate le rapport journalistique. L’audience à venir devant la cour d’assises devra trancher la question de la responsabilité pénale et fixer définitivement la sanction applicable.
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