Home SantéNip, Tuck and Suck – A Gonzo History of Plastic Surgery

Nip, Tuck and Suck – A Gonzo History of Plastic Surgery

by Sophie Martin

Publié le 4 octobre 2025 16h09. Des implants mammaires expérimentaux sur un chien aux greffes capillaires issues de zones inattendues, l’histoire de la chirurgie esthétique révèle une quête parfois déconcertante de perfection physique, souvent jalonnée d’échecs et de considérations éthiques.

  • Les premiers implants mammaires en silicone ont été testés sur un chien dans les années 1960, avant d’être proposés aux femmes.
  • L’histoire de la chirurgie esthétique est parsemée de tentatives audacieuses, voire grotesques, pour modifier l’apparence physique, allant de l’injection d’huile d’olive dans les fesses aux greffes de poils pubiens sur le crâne.
  • L’ouvrage de Mary Roach explore les limites de la modification corporelle et les motivations qui poussent les individus à subir des interventions parfois extrêmes.

Dans les années 1960, deux chirurgiens plasticiens texans, Frank Gerow et Thomas Cronin, ont franchi une étape controversée dans le développement des implants mammaires en silicone. Leur objectif : reproduire la texture et la forme d’un sein féminin à l’aide d’une prothèse en gel silastic. Le premier patient ? Un chien nommé Esmeralda. L’expérience, bien que présentée comme un succès initial, a été de courte durée, l’animal ayant fini par mâcher ses points de suture, nécessitant le retrait de l’implant. Malgré cet incident, les implants ont rapidement été commercialisés pour les femmes, déclinés en différentes tailles, bien que les versions « mini » et « petite » aient été rapidement abandonnées.

Cette anecdote, relatée dans l’ouvrage de Mary Roach, Vous remplaçable : aventures en anatomie humaine, illustre l’évolution parfois surprenante et les expérimentations audacieuses qui ont marqué l’histoire de la chirurgie esthétique. L’auteure explore les avancées scientifiques dans le domaine du corps humain, mais aussi les limites et les dérives d’une quête de perfection physique souvent poussée à l’extrême.

Avant l’avènement des injections de silicone et de graisse, les méthodes pour augmenter le volume des seins et des fesses étaient bien plus rudimentaires, voire dangereuses. Les médecins ont ainsi eu recours à l’injection d’huile d’olive, de lait de chèvre, de cire d’abeille ou de paraffine. En 1973, un chirurgien du Tennessee, William Cocke, a même tenté d’implanter des prothèses mammaires en silicone sous la peau des flancs d’une patiente préoccupée par le manque de volume de ses hanches. Le résultat, qualifié de « moins qu’optimal » par l’auteure, était visible à travers la peau. Néanmoins, le chirurgien s’est déclaré satisfait, notant que la patiente s’était mariée depuis.

La modification corporelle ne se limite pas aux femmes. Les hommes souffrant de calvitie peuvent désormais bénéficier de greffes de cheveux prélevés sur des zones inattendues : poitrine, aisselles, barbe, poils pubiens, abdomen, dos, bras ou jambes. Une technique inverse, appelée « greffe du cuir chevelu », permet également de créer une poitrine plus volumineuse. Le principe repose sur la transplantation de minuscules granules de peau contenant des follicules pileux, qui continueront à produire des cheveux une fois greffés.

Les expérimentations les plus audacieuses ont parfois donné des résultats surprenants. En 2016, une expérience consistant à transplanter des poils pubiens sur le crâne d’un patient a été jugée largement réussie, bien qu’elle ait entraîné la croissance de cheveux « relativement drus » et difficiles à coiffer. Un chirurgien capillaire met toutefois en garde contre les attentes irréalistes :

« Il ne faut pas donner à un enfant de 50 ans la racine des cheveux d’un enfant de 20 ans. »

Mary Roach n’hésite pas à se rendre elle-même cobaye de ces expérimentations. Elle a ainsi accepté de subir une greffe de cheveux prélevés sur son cuir chevelu et implantés sur sa jambe, dans l’espoir de voir apparaître de longues mèches soyeuses sur son mollet. L’expérience s’est avérée infructueuse, mais elle a pu constater de visu les sensations étranges liées à l’intervention :

« Toujours étrange de regarder une lame s’enfoncer dans votre chair et de ne rien ressentir. »

L’auteure explore également les aspects les plus choquants de la chirurgie esthétique, comme les « lifting des fesses brésilien », une procédure consistant à injecter de la graisse dans les fesses, ou les interventions chirurgicales sur les personnes transgenres, visant à créer des néophallus ou des néovaginas. À Mexico, elle a été témoin de scènes répugnantes, décrivant les sons et les odeurs liés à l’extraction et à l’injection de graisse :

« Il y a des sons, des sons reconnaissables – des sons d’alimentation bâclée, des choses qui se tiennent de la boue. »

De nombreuses interventions chirurgicales ont été initialement développées pour répondre à des besoins médicaux. Au cours de l’histoire, la rhinoplastie, ou reconstruction du nez, a été pratiquée pendant des milliers d’années, notamment pour réparer les dommages causés par des mutilations infligées en guise de punition. Au XVIIIe siècle, un chirurgien français a même tenté de reproduire le phénomène naturel de cicatrisation des intestins perforés pour traiter un patient atteint d’un cancer du côlon.

L’ouvrage de Mary Roach aborde également les défis rencontrés par les personnes porteuses d’une stomie, une ouverture artificielle dans la paroi abdominale permettant l’évacuation des déchets corporels. L’auteure a participé à une course de 5 km portant une poche d’ostomie vide, afin de sensibiliser le public aux préjugés et aux difficultés rencontrées par ces personnes.

Enfin, l’auteure se penche sur les chirurgies de réassignation sexuelle, explorant les techniques utilisées pour créer des néophallus, parfois à partir de matériaux inattendus, comme le doigt humain à Tbilissi. Elle souligne l’importance d’une approche prudente et d’une discussion ouverte avec les partenaires sexuels, afin d’éviter les déceptions et les complications.

Vous remplaçable : aventures en anatomie humaine par Mary Roach (Oneworld, 18,99 £, 288 pages). Pour commander un exemplaire, rendez-vous sur TimesBookshop.co.uk. Livraison standard gratuite au Royaume-Uni pour les commandes supérieures à 25 £. Remise spéciale disponible pour les membres Times +.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.