Publié le 12 janvier 2024 à 10h10. Une nouvelle étude révèle que le déclin cognitif, bien que souvent associé au vieillissement, suit un schéma précis avec trois moments clés où les changements s’accélèrent significativement. Ces découvertes ouvrent la voie à des stratégies de prévention ciblées pour préserver la santé mentale.
- Le volume cérébral commence à diminuer notablement autour de 57 ans, affectant la communication entre les différentes régions du cerveau.
- À 70 ans, une perte de substance cérébrale et l’accumulation de protéines tau peuvent entraîner une atrophie rapide des voies neuronales si le cerveau n’est pas stimulé.
- À partir de 78 ans, les « réserves cognitives » accumulées tout au long de la vie jouent un rôle crucial dans la résistance aux dommages liés à l’âge.
Selon une étude publiée dans la revue Nature Aging, le vieillissement cérébral n’est pas un processus uniforme, mais ponctué de phases critiques. Les chercheurs ont identifié 57, 70 et 78 ans comme des périodes où les changements s’intensifient de manière significative.
Le professeur Barbara J. Sahakian de l’Université de Cambridge et la Dre Sabine Donnai, experte en longévité, expliquent que dès 57 ans, une diminution du volume cérébral devient perceptible. Cette réduction s’accompagne d’un affaiblissement des fibres nerveuses, ralentissant la communication entre les différentes parties du cerveau. Les experts comparent ce phénomène à un ralentissement de la connexion internet haut débit.
Cette période coïncide souvent avec la ménopause et une prise de poids moyenne, des facteurs qui peuvent réduire l’apport nutritionnel au cerveau et provoquer une inflammation.
À 70 ans, l’étude révèle un « amincissement cortical » et une accumulation de protéines « tau » dans les zones du cerveau responsables de la pensée et de l’apprentissage. Le professeur Sahakian qualifie cette phase d’« effet retraite », soulignant que la réduction de la stimulation mentale et l’absence de nouveaux défis peuvent accélérer l’atrophie des voies neuronales.
Enfin, à partir de 78 ans, les « réserves cognitives » – l’ensemble des connaissances et des expériences accumulées depuis l’enfance – entrent en jeu. Les personnes ayant développé de fortes réserves cognitives sont plus résistantes aux effets du vieillissement sur le cerveau.
Les experts insistent sur le fait que le déclin cognitif n’est pas inéluctable. Ils estiment qu’il est possible de réduire le risque de 90 % grâce à des changements de mode de vie.
Soyez actif non seulement à la salle de sport, mais aussi dans la vie quotidienne. Marcher sur l’escalier roulant, se lever d’une chaise sans appui des mains et porter du poids créent un effet neuroprotecteur. Ne vous contentez pas des activités habituelles comme les mots croisés ou le sudoku. Concentrez-vous sur les « nouvelles » tâches qui mettent vraiment le cerveau au défi, comme apprendre une langue ou suivre un cours de danse. La solitude peut augmenter les protéines liées au vieillissement cérébral de 30 à 60 pour cent. La socialisation face à face est vitale pour la santé du cerveau. Éviter de boire des boissons chaudes dans des gobelets en plastique, éviter le stress et limiter la consommation de sucre transformé sont essentiels pour arrêter l’inflammation chronique du cerveau.
« Il est impératif d’agir dès maintenant pour la santé mentale », souligne la Dre Donnai. « Tout dans notre corps est programmé pour la survie. Si nous soutenons cela par une bonne alimentation, une activité physique et un sommeil de qualité, nous n’avons pas à accepter le déclin biologique associé au vieillissement. »