Publié le 26 octobre 2023 14:22:00. Des rapports confidentiels du SRI (Serviciul Român de Informații, le service de renseignement roumain) pointent du doigt une connaissance préalable, au plus haut niveau de l’État roumain, de l’influence russe sur la scène politique, y compris des liens avec le mouvement souverainiste.
- Quatre rapports annuels du SRI, bloqués au Parlement, révèlent que les présidents et premiers ministres successifs étaient informés de l’ingérence russe.
- L’ancien chef de la Commission de contrôle du SRI affirme que les autorités ont été alertées bien avant 2024 sur les tentatives d’influence de Moscou.
- Ces révélations relancent le débat sur la réponse de la Roumanie face aux pressions extérieures et la nécessité d’une vigilance accrue.
Des documents classifiés du SRI, restés jusqu’à présent inexplorés par le Parlement roumain, mettent en lumière une prise de conscience précoce de l’influence russe au sein de la classe politique. Ioan Chirteș, ancien chef de la Commission parlementaire de contrôle du SRI, a révélé que les rapports annuels du service de renseignement contenaient des informations détaillées sur les liens entre Moscou et certains acteurs politiques roumains, notamment le mouvement souverainiste.
Selon M. Chirteș, ces informations ont été régulièrement transmises aux présidents et premiers ministres successifs, sans pour autant susciter de réaction décisive.
« Les décideurs politiques savaient que le mouvement souverain est lié à la Russie, ont été informés par les rapports SRI »,
Ioan Chirteș, ancien chef de la Commission de contrôle SRI
Il souligne que le Parlement a été négligent en ne donnant pas suite aux recommandations du SRI, ce qui a permis à l’influence russe de se développer.
Les quatre rapports en question, bloqués au Parlement, détaillent les méthodes utilisées par la Russie pour déstabiliser la Roumanie, notamment par le biais de la désinformation et du financement de partis politiques. L’ancien chef de la Commission de contrôle du SRI estime que cette situation pose un problème majeur pour la sécurité nationale et la démocratie roumaine.
« Nous avons ouvert les portes larges pour permettre à la Russie d’entrer. Que faisons-nous la prochaine fois ? »
Source non spécifiée, Republica.ro
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes en Europe de l’Est, exacerbées par la guerre en Ukraine. Elle soulève des questions sur la capacité de la Roumanie à se protéger contre les ingérences étrangères et à défendre ses intérêts nationaux. Les prochaines élections pourraient être un moment crucial pour évaluer la réponse du pays à ces défis.