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Nous vérifions ce que Trump a dit sur les investissements des compagnies pétrolières américaines au Venezuela

L’administration américaine a promis de relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne, mais les investissements massifs évoqués par Donald Trump peinent à se concrétiser, suscitant le scepticisme des experts et des entreprises du secteur. Dès le début du mois de janvier,…

Nous vérifions ce que Trump a dit sur les investissements des compagnies pétrolières américaines au Venezuela

L’administration américaine a promis de relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne, mais les investissements massifs évoqués par Donald Trump peinent à se concrétiser, suscitant le scepticisme des experts et des entreprises du secteur.

Dès le début du mois de janvier, l’ancien président Trump affirmait que les grandes compagnies pétrolières américaines allaient « intervenir, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures pétrolières gravement endommagées et commencer à générer des revenus pour le pays ». Il réitérait cette promesse quelques jours plus tard, assurant que les entreprises étaient « prêtes à le faire », mais sans fournir de détails précis sur les montants ou les modalités de ces investissements.

Interrogé par PolitiFact, le secrétaire d’État Marco Rubio se montrait optimiste, anticipant un « grand intérêt de la part des entreprises occidentales », sans davantage de précisions. La Maison Blanche confirmait avoir eu des discussions avec plusieurs compagnies, sans en révéler les noms, affirmant que « toutes nos compagnies pétrolières sont prêtes et disposées à réaliser des investissements majeurs au Venezuela pour reconstruire leurs infrastructures », selon les propos de son porte-parole, Taylor Rogers.

Cependant, les réactions du secteur pétrolier sont plus mesurées. L’American Petroleum Institute, principale association professionnelle de l’industrie, se contente de « surveiller de près » la situation. ConocoPhillips, pour sa part, indique qu’il est « prématuré de spéculer sur de futures activités commerciales ou investissements », se limitant à suivre « l’évolution de la situation ».

Les experts soulignent les nombreux obstacles à un afflux rapide de capitaux. Hugh Daigle, professeur à l’Université du Texas à Austin, estime qu’il n’existe « aucune justification commerciale convaincante » pour des investissements massifs, compte tenu des coûts élevés, des prix du pétrole relativement bas et de l’instabilité politique persistante. Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, renchérit : « Les compagnies pétrolières ne sont probablement pas disposées à investir des milliards de dollars et à prendre des risques tant que le régime vénézuélien n’aura pas de clarté. »

Le Venezuela possède les plus importantes réserves pétrolières prouvées au monde, mais l’industrie a été durement touchée par la nationalisation initiée par Hugo Chávez en 2007, qui a conduit à la fuite de nombreuses entreprises américaines, comme ExxonMobil et ConocoPhillips. Seule Chevron continue de produire du pétrole au Venezuela de manière régulière.

Selon Kenneth Gillingham, professeur d’économie à l’Université de Yale, l’avenir de ces ressources dépendra de la manière dont elles seront gérées et des éventuelles sanctions internationales. Une ouverture exclusive aux entreprises américaines profiterait principalement à celles-ci, tandis qu’une plus grande concurrence pourrait limiter leurs gains. Les consommateurs américains pourraient bénéficier d’une baisse des prix, mais cela dépendra des conditions du marché mondial.

Certaines entreprises pourraient être intéressées par le pétrole lourd vénézuélien, qui nécessite un traitement spécifique mais peut être exploité sur de longues périodes. Skip York, chercheur à l’Université Rice, estime qu’un retour à la stabilité pourrait entraîner une augmentation de la production de 15 à 20 %, ce qui serait « compétitif par rapport à d’autres opportunités de développement ».

Néanmoins, les défis restent considérables. Outre les coûts de modernisation des infrastructures, l’instabilité politique est un frein majeur. Ali Moshiri, ancien dirigeant de Chevron au Venezuela, souligne qu’il est peu probable que les entreprises se précipitent dans un environnement dépourvu de stabilité. Un nouveau cadre juridique pour le secteur pétrolier est également indispensable, et même après sa mise en place, « il faudra des années pour réhabiliter les infrastructures et forer de nouveaux puits », selon Skip York.

La conjoncture actuelle, marquée par des prix du pétrole bas (en baisse d’environ 25 % depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche), ne favorise pas non plus les investissements. Patrick De Haan observe que la réticence à investir dans le forage aux États-Unis, où les infrastructures sont plus solides et la stabilité politique plus grande, laisse présager un manque d’enthousiasme pour le Venezuela.

Enfin, l’avenir du pétrole à long terme dépendra de l’essor des véhicules électriques. Si leur prix continue de baisser et qu’ils gagnent en popularité, la demande de pétrole pourrait diminuer, rendant les investissements au Venezuela moins rentables, selon Kenneth Gillingham.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.