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Nouveau rapport : 70 % des chauffeurs Uber licenciés sans préavis | Lyft | Arrêts de travail | Suspensions forcées

by Amélie Bernard

Publié le 29 octobre 2025. Des organisations de défense des droits et le syndicat des taxis new-yorkais dénoncent des pratiques d’Uber et Lyft consistant à suspendre arbitrairement leurs chauffeurs, les privant de leurs revenus et fragilisant leur situation économique.

  • Une enquête révèle que 70 % des chauffeurs Uber et 76 % des chauffeurs Lyft ont été suspendus sans préavis.
  • Les chauffeurs se voient souvent refuser la possibilité de contester ces suspensions, qui aboutissent dans plus de 90 % des cas à un licenciement définitif.
  • Un projet de loi est en cours d’examen pour garantir aux chauffeurs suspendus un droit de recours équitable.

New York – Une enquête conjointe de l’Asian American Legal Defence and Education Fund (AALDEF) et de la New York Taxi Workers Alliance (NYTWA) met en lumière des pratiques jugées abusives de la part des géants du covoiturage, Uber et Lyft. Selon le rapport publié mardi 28 octobre, les chauffeurs sont fréquemment suspendus de la plateforme sans aucune explication préalable, les plongeant dans une précarité financière immédiate.

L’étude, basée sur les témoignages de 350 chauffeurs, révèle que les suspensions sont souvent décidées unilatéralement par les entreprises. Les conducteurs se voient alors bloqués l’accès à l’application, les empêchant de travailler et de générer des revenus. Dans la majorité des cas, ils n’ont pas la possibilité de connaître les motifs de leur suspension, ni de présenter leur défense. Même en cas de contestation, les chances de réintégration sont minimes, plus de 90 % des recours aboutissant à un licenciement définitif.

Saif Aizah, l’un des chauffeurs interrogés, a témoigné lors d’une conférence de presse en ligne de la situation désespérée dans laquelle il se trouve depuis sa suspension injustifiée d’Uber. Il est désormais contraint de travailler exclusivement pour Lyft, ce qui a réduit ses revenus de moitié.

« Je suis en grande difficulté en ce moment. Après l’épidémie, je ne peux plus payer mon loyer, j’ai du mal à payer mon prêt automobile et mon assurance, et je suis en grande difficulté. Je dépose le bilan. Ma santé se détériore et la seule chose à laquelle je pense, c’est comment je vais payer mes factures. J’y pense jour et nuit. Pire encore, je ne peux pas subvenir aux besoins de ma famille à cause de ces licenciements injustes. Je ne sais pas comment faire face à mes enfants. Les suspensions injustes m’ont amené une énorme instabilité financière et ont rendu ma vie misérable. »

Isaach, chauffeur suspendu

Le rapport souligne que les suspensions sont souvent basées sur des plaintes vagues de clients, sans que les chauffeurs n’aient accès aux détails ou aux preuves incriminantes. Dans certains cas, des accusations graves, comme du harcèlement sexuel, sont portées sans que le chauffeur concerné ne puisse se souvenir des faits reprochés. Un chauffeur a récemment partagé avec notre rédaction le cas d’un collègue expérimenté déconnecté de l’application suite à une telle accusation.

Bhairavi Desai, présidente de la NYTWA, a insisté sur le caractère généralisé du problème. « Ce rapport est un échantillon représentatif qui montre que ce problème est très courant chez les conducteurs », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse. Elle a également dénoncé le modèle économique d’Uber et Lyft, qui se traduit par une rémunération insuffisante pour les chauffeurs et une précarité de l’emploi.

Pour tenter de remédier à cette situation, le conseiller municipal Shekar Krishnan a présenté le projet de loi 276, qui vise à instaurer une procédure régulière pour les chauffeurs suspendus, leur garantissant un droit de recours équitable. « Uber et Lyft sont actuellement le ‘procureur’, le ‘juge’ et le ‘jury’ dans ces poursuites », a-t-il souligné. « L’adoption du projet de loi 276 est donc cruciale pour établir une procédure de base, un droit à une procédure régulière inscrit dans notre système juridique. »

Uber et Lyft ont été contactés pour commenter ces accusations, mais n’ont pas répondu dans l’immédiat.

Rédacteur en chef : Chen Minqi

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