Home SantéNouvelles connaissances sur les causes et le traitement de la dermatite du paturon équin

Nouvelles connaissances sur les causes et le traitement de la dermatite du paturon équin

by Sophie Martin

Publié le 17 novembre 2025 à 09h56. Une étude menée par le groupe vétérinaire CVS apporte de nouvelles connaissances sur la dermatite du paturon équin, une affection courante chez le cheval, et ouvre des perspectives pour une meilleure gestion des traitements antibiotiques.

  • L’étude, portant sur 76 cas de chevaux atteints de dermatite du paturon équin au Royaume-Uni entre 2022 et 2024, révèle la diversité des causes possibles de cette affection.
  • Les résultats mettent en évidence la prédominance de certaines bactéries, notamment Streptococcus dysgalactiae (32,8 %), Staphylococcus aureus (27,6 %) et Escherichia coli (17,1 %).
  • L’analyse des résistances aux antibiotiques souligne la nécessité d’une utilisation plus ciblée des antimicrobiens pour lutter contre cette dermatose.

Le groupe vétérinaire CVS a récemment publié les conclusions d’une étude de deux ans sur la dermatite du paturon équin (DPE), une affection cutanée fréquemment observée chez les chevaux. L’étude a impliqué 12 cabinets vétérinaires spécialisés dans les équidés et a permis de collecter des données sur 76 cas diagnostiqués à travers le Royaume-Uni.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de lésions cutanées afin d’identifier les agents pathogènes potentiels. Des analyses approfondies ont été réalisées, incluant des profils sanguins complets, des cultures bactériennes, des cytologies cutanées, des tests PCR pour la détection de dermatophytes (teigne) et des examens microscopiques pour la recherche d’acariens.

Les membres postérieurs étaient les plus souvent touchés, représentant 58 (76,3 %) des cas, et les lésions se localisaient principalement au niveau du paturon. Les signes cliniques observés comprenaient un érythème (rougeur), une desquamation (peau qui pèle), un œdème localisé (gonflement) et des démangeaisons (prurit).

L’implication d’acariens et de dermatophytes a été relativement faible, identifiée dans seulement 2,6 % et 1,3 % des échantillons de lésions, respectivement. En revanche, les cultures bactériennes ont révélé la présence de 185 colonies provenant de 40 espèces différentes. Streptococcus dysgalactiae s’est avéré l’organisme le plus fréquemment isolé, présent dans 29 échantillons (32,8 %), suivi de Staphylococcus aureus (21 échantillons/27,6 %) et d’Escherichia coli (13/17,1 %).

L’étude a également examiné la sensibilité des bactéries aux antibiotiques. Moins de la moitié des organismes cultivés (45,9 %) se sont révélés sensibles à la pénicilline, tandis qu’une résistance à l’oxytétracycline a été constatée dans 35,1 % des colonies et une résistance au sulfamide de triméthoprime dans 20,5 % des cas.

« Notre analyse de 76 cas sur deux ans a mis en évidence la nature multiforme de la DPE – à la fois en termes de présentation et de gravité cliniques et d’étiologies potentielles. Nos résultats montrent plusieurs organismes couramment impliqués, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer leur signification clinique pour la DPE. »

Charlotte Sinclair, responsable du développement équin du groupe CVS

Charlotte Sinclair a également souligné que les informations fournies par cette étude sur les schémas de résistance pourraient aider à guider l’utilisation des antimicrobiens lors du traitement de ces affections, contribuant ainsi à une meilleure gestion des antibiotiques.

CVS Equine a récemment annoncé le lancement d’un plan en cinq points visant à améliorer la gestion des antimicrobiens, incluant le développement d’un projet d’amélioration de la qualité pour réduire l’utilisation d’antibiotiques dans les cas de DPE.

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