Home NouvellesNuméro deux de Gürtel et ancien haut responsable du PP, lors du dernier procès : « Maintenant, je suis un parasite social » | Espagne

Numéro deux de Gürtel et ancien haut responsable du PP, lors du dernier procès : « Maintenant, je suis un parasite social » | Espagne

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 octobre 2025 à 12h06. L’ancien numéro deux du réseau Gürtel, Pablo Crespo, a détaillé ce mardi devant la justice espagnole les mécanismes de corruption mis en place au sein du Parti Populaire (PP), révélant des décennies de fraude fiscale et de blanchiment d’argent liées à l’obtention de marchés publics.

  • Pablo Crespo a affirmé avoir géré les fonds de Francisco Correa, chef du réseau Gürtel, en Europe, notamment en Suisse.
  • Vingt des vingt-cinq accusés dans ce procès ont pour l’instant reconnu leur implication dans le système de corruption.
  • Les aveux des accusés mettent en lumière la complexité des structures financières montées pour dissimuler les actifs de Correa et échapper au fisc.

Les révélations de Pablo Crespo, ancien secrétaire d’organisation du PP galicien, interviennent dans le cadre du dernier procès lié à l’affaire Gürtel, un vaste réseau de corruption qui a ébranlé le Parti Populaire pendant des années. L’ancien bras droit de Francisco Correa a passé près de quatre heures à exposer les rouages d’un système frauduleux qui, selon ses dires, a permis de détourner des fonds publics et de blanchir des sommes considérables pendant près de deux décennies.

Crespo a décrit un réseau complexe de sociétés écrans et de paradis fiscaux utilisés pour dissimuler les revenus illicites du groupe criminel. Il a notamment évoqué des mouvements de fonds suspects, l’utilisation d’hommes de paille et la falsification de résidences fiscales. Selon ses déclarations, l’alarme a été donnée en 2008, après une perquisition au domicile du conseiller fiscal José Ramón Blanco Balín, qui a révélé la crainte que le fisc ne découvre que Correa n’avait pas déclaré ses revenus en Espagne, « au moins depuis 1999 », malgré des gains importants provenant notamment de contrats publics obtenus grâce au PP.

« Nous n’avons pas demandé à Carmen Leonor Hallax de créer une résidence légale au Panama, nous lui avons confié une administration clairement illégale. Et nous le savions. Pour cette raison, M. Correa a accepté de payer 250 000 $. Ce sont des frais qui ne sont payés pour aucune action. »

Pablo Crespo, ancien numéro deux de Gürtel

Dans une lettre d’aveux adressée à la Cour nationale avant le début du procès, Crespo avait déjà souligné la complexité de cette structure financière, dont l’objectif était d’assurer une opacité totale quant à l’identité du véritable propriétaire, Francisco Correa. Il a également reconnu avoir personnellement participé à cette opacité, tout en précisant que sa principale tâche consistait à superviser l’activité comptable et financière des sociétés événementielles du réseau.

Crespo a également révélé avoir utilisé quatre téléphones portables par crainte d’être écouté, bien que Correa lui ait affirmé être paranoïaque. Il a insisté sur le fait qu’il était conscient des illégalités commises et qu’il était, avec Correa, le principal responsable des crimes qui lui sont reprochés.

Ce procès, présenté comme le dernier chapitre de l’affaire Gürtel, se concentre sur le réseau d’entreprises mis en place pour blanchir de l’argent et échapper au paiement de l’impôt, à une échelle « massive », « permanente » et « industrielle », selon les termes utilisés par le juge d’instruction José de la Mata. Une part importante des bénéfices blanchis proviendrait des affaires conclues avec le PP, ce qui a déjà été établi dans d’autres procès précédents. Selon les estimations, Correa aurait reçu au moins 31 millions d’euros pour ses « intermédiaires » dans l’attribution de marchés publics, des sommes qu’il a dissimulées au fisc avec d’autres revenus.

L’audience se poursuivra ce mercredi avec les interrogatoires d’autres accusés. Jusqu’à présent, seize des vingt accusés qui ont comparu ont reconnu leur implication dans le système de corruption. Parmi ceux qui n’ont pas encore témoigné figure José Ramón Blanco Balín, un autre membre clé du réseau.

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