MOUNTAIN VIEW, Californie – L’action NVIDIA a subi une forte baisse en pré-marché ce mardi 25 novembre 2025, après l’annonce de discussions entre Meta Platforms et Google pour l’acquisition de milliards de dollars d’unités de traitement tensoriel (TPU). Cette information révèle les progrès de Google dans sa volonté de concurrencer la domination de NVIDIA sur le marché des puces dédiées à l’intelligence artificielle.
L’action NVIDIA, s’échangeant à 175,90 $ (environ 162 €) en pré-marché, a reculé de 6,65 $ (environ 6,15 €), soit 3,64 %, par rapport à son cours de clôture précédent de 182,55 $ (environ 168,50 €). Cette baisse reflète les inquiétudes des investisseurs face à une concurrence accrue sur le marché des accélérateurs d’IA.
Selon les informations du site The Information, Meta Platforms envisagerait d’intégrer les TPU de Google dans ses centres de données dès 2027, avec la possibilité de louer ces puces à la division cloud de Google dès l’année prochaine. Une telle décision constituerait une validation importante de la technologie TPU de Google, développée spécifiquement pour les charges de travail liées à l’IA depuis son lancement en 2018.
Un accord avec Meta, l’un des plus gros investisseurs mondiaux en infrastructure d’IA, qui prévoit de dépenser entre 70 et 72 milliards de dollars (environ 64 à 66 milliards d’euros) en dépenses d’investissement cette année, permettrait aux TPU de devenir une alternative crédible aux GPU de NVIDIA, actuellement leaders du marché.
Cette situation illustre une tendance plus large dans le secteur, où les entreprises cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement en puces et à réduire leur dépendance à NVIDIA, dont les unités de traitement graphique sont devenues la référence pour le développement de l’IA.
Les TPU de Google se distinguent par leur personnalisation, étant des circuits intégrés spécifiques à une application conçus pour des tâches précises, contrairement aux GPU de NVIDIA, initialement créés pour le rendu graphique mais qui se sont avérés performants dans le domaine de l’IA. Les analystes de Bloomberg Intelligence estiment que Meta pourrait investir entre 40 et 50 milliards de dollars (environ 37 à 46 milliards d’euros) dans l’acquisition de capacité de puces dès 2026, ce qui représente une opportunité significative pour les fournisseurs alternatifs.
Le marché a immédiatement réagi à cette nouvelle. L’action Alphabet, la maison mère de Google, a bondi de plus de 6 % lundi et a progressé de 2,4 % supplémentaires en pré-marché ce mardi. Broadcom, qui collabore avec Google pour la conception de ses TPU, a également enregistré une hausse de 11 % lundi, suivie d’une augmentation de 2 % en pré-marché. Ces mouvements boursiers témoignent de la reconnaissance par les investisseurs du potentiel de Google à remodeler la dynamique concurrentielle sur le marché des semi-conducteurs d’IA.
Malgré cette menace concurrentielle, NVIDIA maintient une position solide avec une capitalisation boursière de 1 740 milliards de dollars (environ 1 600 milliards d’euros) et des indicateurs de performance impressionnants, notamment un ratio cours/bénéfice de 45,30 et un rendement cumulé d’environ 36 %. L’entreprise a affiché un chiffre d’affaires de 57,01 milliards de dollars (environ 52,5 milliards d’euros) et un bénéfice de 31,77 milliards de dollars (environ 29,3 milliards d’euros) au troisième trimestre de son exercice 2026, démontrant sa capacité à tirer parti du développement de l’infrastructure d’IA. Les objectifs de prix des analystes varient entre 140 et 352 dollars (environ 129 à 324 euros), avec une moyenne de 248,42 dollars (environ 228 euros), ce qui suggère une confiance dans les perspectives à long terme de NVIDIA.
Cependant, l’émergence d’alternatives viables comme les TPU de Google introduit une nouvelle incertitude quant à la capacité de NVIDIA à conserver sa domination actuelle sur le marché, d’autant plus que les principaux clients recherchent une diversification de leurs sources d’approvisionnement et une optimisation des coûts dans leurs investissements massifs dans l’IA.
