Publié le 2024-05-03 14:15:00. L’obésité atteint des niveaux alarmants à l’échelle mondiale, touchant désormais un adulte sur huit et un nombre croissant d’enfants. Des experts soulignent l’importance d’une approche globale, allant d’une alimentation équilibrée à une activité physique régulière, pour inverser cette tendance inquiétante.
- En 2022, 8 % de la population mondiale était obèse.
- L’obésité a plus que doublé chez les adultes et quadruplé chez les adolescents entre 1990 et 2022.
- En 2024, 35 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient de surpoids.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : l’obésité est devenue une véritable épidémie mondiale. Selon les données de l’OMS, en 2022, près d’une personne sur huit (8 %) était atteinte d’obésité. Ces chiffres révèlent une augmentation spectaculaire depuis 1990, avec un doublement de l’obésité chez les adultes et un quadruplement chez les adolescents. En 2024, on comptait déjà 35 millions d’enfants de moins de 5 ans en surpoids, un indicateur préoccupant des risques pour la santé future.
Ce phénomène ne se limite pas à certaines régions géographiques. L’obésité se propage à travers le monde, affectant des pays de tous les continents et soulignant la nécessité d’une action concertée à l’échelle internationale.
Chowdhury Tasneem Hasin, diététiste clinique en chef au United Hospital, met en garde contre les conséquences à long terme de l’obésité, même dès le plus jeune âge. Elle explique que de nombreuses complications de santé observées à l’âge adulte, telles que les blocages artériels, la stéatose hépatique (accumulation de graisse autour du foie) ou les troubles rénaux, ont souvent leurs racines dans l’enfance.
« Dans les sociétés urbaines comme Dhaka, le manque d’activité physique est une préoccupation majeure, éclipsant même le rôle d’une mauvaise alimentation dans la mauvaise santé. »
Chowdhury Tasneem Hasin, diététiste clinique en chef au United Hospital
Selon elle, la tendance actuelle à passer de longues heures assis, suivie d’une séance d’exercice intense, est insuffisante. Une heure d’activité physique ne compense pas un mode de vie globalement sédentaire.
Outre le manque d’exercice, les choix alimentaires jouent un rôle crucial dans l’épidémie d’obésité. Hasin souligne que les aliments transformés contiennent souvent des quantités excessives de monosodium, d’amidon de maïs et de sucre, et sont fréquemment cuits dans des huiles réutilisées, riches en graisses trans nocives pour le foie.
Si la restauration rapide est souvent pointée du doigt, le problème est plus large. Tous les aliments préparés avec des techniques de cuisson malsaines, comme l’utilisation d’huiles brûlées ou des quantités importantes de sucre et de sel, contribuent à l’obésité et peuvent entraîner une rétention d’eau et des ballonnements.
Les conséquences de l’obésité sur la santé des jeunes sont multiples et graves. Le diabète de type 2, autrefois considéré comme une maladie de l’âge adulte, se manifeste de plus en plus chez les enfants et les adolescents. Les problèmes cardiovasculaires, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie et les premiers signes de maladies cardiaques sont également en augmentation chez les jeunes en surpoids. De plus, l’excès de poids peut entraîner des douleurs articulaires, des problèmes orthopédiques et une diminution de la mobilité.
L’impact psychologique de l’obésité ne doit pas être négligé. Les adolescents en surpoids ou obèses souffrent souvent d’une faible estime de soi, de problèmes d’image corporelle et d’isolement social. La stigmatisation liée à l’obésité peut entraîner du harcèlement et de la discrimination, exacerbant les sentiments de dépression et d’anxiété. Hasin craint que ces problèmes de santé mentale ne piègent les adolescents dans un cercle vicieux de comportements alimentaires malsains.
Le coût économique de l’obésité est également considérable, pesant à la fois sur les familles et sur les systèmes de santé. Les dépenses liées au traitement des maladies associées à l’obésité représentent un fardeau financier important, soulignant l’urgence de mettre en place des stratégies de prévention et d’intervention efficaces.
De nombreux jeunes se tournent vers des régimes drastiques, le jeûne intermittent ou d’autres tendances alimentaires à la recherche de résultats rapides. Hasin met en garde contre ces approches, qui sont rarement durables à long terme.
« Les jeunes d’aujourd’hui sont habitués aux résultats rapides. Pour les obtenir, ils ont recours à toutes sortes de régimes et de modes comme le céto, le jeûne intermittent et les thés minceur. »
Chowdhury Tasneem Hasin, diététiste clinique en chef au United Hospital
Elle explique que supprimer complètement les glucides peut entraîner une sensation de fatigue et de léthargie. De plus, le riz local, souvent diabolisé, est une source importante de vitamines B, essentielles à la décomposition des glucides. Le jeûne intermittent, quant à lui, peut ne pas convenir à tout le monde, en particulier aux personnes souffrant de diabète ou de problèmes rénaux, car il peut perturber la régulation de l’insuline.
Hasin insiste sur le fait qu’il n’existe pas de régime universel, car chaque individu a un métabolisme différent. Elle recommande toutefois de privilégier certains groupes d’aliments, notamment les glucides complexes (pain complet, flocons d’avoine) et les protéines. Un petit-déjeuner équilibré, composé de glucides complexes et d’un œuf, peut fournir l’énergie nécessaire pour la journée. En collation, elle suggère de consommer des fruits ou des légumes riches en fibres, comme les pommes ou les goyaves. Le déjeuner devrait inclure une petite portion de riz, une source de protéines, des légumes et des légumes-feuilles, dont les fibres agissent comme un « balai » pour éliminer les toxines et les graisses. Pour les personnes en surpoids ou atteintes de stéatose hépatique, elle conseille de privilégier les fruits riches en vitamine C, comme les oranges, plutôt que les bananes.
Pour le dîner, il est préférable d’éviter les glucides et de se concentrer sur les protéines et les légumes. Hasin encourage également à consommer des fruits locaux et de saison, qui sont plus sains et plus durables. Elle souligne l’importance de cuire les légumes de manière à préserver leur couleur et leurs nutriments. Enfin, elle recommande de boire beaucoup d’eau tout au long de la journée (jusqu’à 3 litres pour les personnes obèses, voire plus en été) et de ne pas manger trop tard le soir, afin de permettre une bonne digestion.
Pour lutter efficacement contre l’obésité, il est essentiel d’adopter une approche globale, impliquant les écoles, les familles, les professionnels de la santé et les pouvoirs publics. Des programmes éducatifs sur la nutrition et les modes de vie sains doivent être mis en place dans les écoles, et les professionnels de la santé doivent proposer des dépistages réguliers et des conseils personnalisés. Ensemble, nous pouvons inverser la tendance et offrir un avenir plus sain aux jeunes générations.
