Home NouvellesOn ne peut pas utiliser la loi pour saborder le processus parlementaire, déclare SC et rejette le plaidoyer du juge Varma | Nouvelles de l’Inde

On ne peut pas utiliser la loi pour saborder le processus parlementaire, déclare SC et rejette le plaidoyer du juge Varma | Nouvelles de l’Inde

by Nicolas Lefèvre

Publié le 16 janvier 2024 à 21h28. La Cour suprême indienne a rejeté la contestation d’un juge de la Haute Cour d’Allahabad concernant la procédure de destitution engagée contre lui, estimant que la loi ne peut être interprétée de manière à paralyser le processus parlementaire.

  • La Cour suprême a jugé que le Président du Lok Sabha n’avait commis aucune irrégularité en nommant un comité d’enquête.
  • Bien que reconnaissant une certaine maladresse dans le traitement de l’avis de motion au niveau du secrétariat du Rajya Sabha, la Cour n’a pas remis en question la validité de la décision du vice-président de ne pas l’admettre.
  • La Cour a souligné que le rejet d’une motion dans une chambre ne doit pas automatiquement entraîner l’échec de la motion dans l’autre.

La décision de la Cour suprême intervient dans le cadre d’une procédure de destitution initiée contre le juge Yashwant Varma de la Haute Cour d’Allahabad. Plus de 100 députés du Lok Sabha (chambre basse du Parlement indien) avaient déposé un avis de motion visant à le destituer, suivi d’un avis signé par plus de 50 membres du Rajya Sabha (chambre haute). La Cour a été saisie après que le juge Varma a contesté la décision du Président du Lok Sabha de constituer un comité d’enquête.

L’avocat représentant le juge Varma, Mukul Rohatgi, avait argumenté que la constitution du comité d’enquête n’était possible que si les deux chambres du Parlement avaient admis les motions simultanément. Il a soutenu que l’article 3(2) de la loi sur les juges (enquête) exigeait une admission conjointe des motions. Le Solicitor General, Tushar Mehta, a contre-argumenté que l’article 3(2) ne s’applique que lorsque les motions sont effectivement “admissibles” dans les deux chambres, et non simplement “déposées”.

La Cour suprême a rejeté l’interprétation proposée par l’avocat du juge Varma, estimant qu’elle conduirait à des conséquences absurdes et à une paralysie du processus parlementaire. Elle a déclaré :

« Interpréter ladite réserve de la manière suggérée par Rohatgi nous obligerait à y lire une conséquence invalidante, à savoir que la motion en cours dans l’autre Chambre doit également nécessairement échouer. Une telle interprétation équivaudrait à une législation judiciaire, une voie que nous ne sommes ni habilités ni enclins à entreprendre. »

La Cour a insisté sur le fait que chaque chambre du Parlement conserve l’autonomie nécessaire pour traiter les motions de destitution conformément à la loi, indépendamment de la décision prise par l’autre chambre. Elle a souligné que l’intention du législateur n’était pas de supprimer cette autonomie. La Cour a conclu que la loi ne prévoit pas de scénario dans lequel l’acceptation d’un avis de motion dans une chambre et son rejet dans l’autre entraîneraient l’échec automatique de la procédure.

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