Publié le 26 novembre 2024. Sur le bassin d’Arcachon, deux jeunes entrepreneurs innovent pour une construction maritime plus durable : un boîtier de prédiction des marées connecté et un béton décarboné à base de coquilles d’huîtres recyclées.
- Once Upon a Tide propose un boîtier, Pontos, fournissant quinze ans de prédictions de marée pour plus de 110 ports de l’Atlantique, sans connexion internet.
- La start-up CalX développe OsteyriaX, un béton marin innovant utilisant un ciment naturel et des coquilles d’huîtres recyclées, validé par l’Ifremer et le CNRS.
- Les deux entreprises, récompensées pour leur innovation, ambitionnent de se développer et de contribuer à une économie plus circulaire dans le secteur nautique.
Fini les calculs hasardeux et les consultations interminables des annuaires de marée. C’est le pari de Frédéric Mesurat et Julien Albert, les fondateurs de Once Upon a Tide. L’idée, née d’un désir simple d’aider le père de Frédéric à naviguer en toute sécurité, a rapidement pris une ampleur insoupçonnée. Leur boîtier, baptisé Pontos, offre un accès instantané aux prédictions de marée pour plus de 110 ports de la façade atlantique, et ce, sans nécessiter de connexion internet.
« Dans le boîtier, on a quinze ans de prédictions de marée et elles sont plutôt bonnes », sourit Julien Albert, manager en informatique et associé de Frédéric Mesurat, steward de profession. Les deux hommes, surpris par l’absence d’une solution similaire sur le marché, ont passé plus d’un an à collecter et à paramétrer les données nécessaires. Ils ont récemment lancé leur site internet et développent une application mobile ainsi qu’un cadre numérique pour faciliter la connaissance des horaires de baignade.
Parallèlement, une autre innovation voit le jour sur le bassin d’Arcachon : CalX, une start-up fondée par Douglas Bertin, 24 ans, et Quentin Germe. Leur projet, OsteyriaX, vise à révolutionner le béton marin en utilisant des coquilles d’huîtres recyclées et un ciment naturel dont la composition reste confidentielle. « On est en train de développer un liant non chauffé et donc bas carbone, respectueux de l’environnement et de la mer », explique Douglas Bertin, installé au Pôle économique de la Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon Sud (Cobas).
L’entreprise a déjà validé la biocomptabilité de son béton grâce à des tests menés avec l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). La prochaine étape consiste à évaluer la durabilité du matériau. CalX ambitionne de devenir un fournisseur de matières premières, produisant à la fois des coquilles revalorisées et son ciment innovant.
« En quelque sorte, on veut rendre à la mer ce qu’elle nous donne »
Douglas Bertin, fondateur de CalX
Pour financer son développement, CalX recherche un local pour ouvrir sa première unité de production de broyage de coquilles sur le bassin d’Arcachon. Un accord a déjà été conclu avec le Comité régional de la conchyliculture Arcachon Aquitaine pour récupérer les déchets coquilliers stockés à Gujan-Mestras. L’entreprise envisage également de construire des mini-usines à proximité des sites de production afin de réduire l’empreinte carbone liée au transport des matières premières. Elle rappelle que le recyclage des coquilles d’huîtres est encore peu développé, avec 95 % des déchets finissant en enfouissement.
En 2026, CalX prévoit d’embaucher quatre personnes et de commercialiser sa poudre d’huître. Les deux entreprises, récompensées par le prix Atlantic Cluster aux Trophées innovation nautisme, se préparent également à participer au salon nautique Metstrade d’Amsterdam, le plus grand événement du secteur au monde. « On n’imaginait pas tout ça au début, nous ne sommes que deux bricoleurs, mais on va continuer sur notre lancée et développer notre marque », confie Frédéric Mesurat.
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