OpenAI a lancé ce jeudi 3 septembre GPT-6 Astra, son premier modèle d’intelligence artificielle classé au niveau de risque maximal en cybersécurité, capable de pirater seul des systèmes protégés et de piloter un ordinateur. Le modèle est réservé à un nombre limité d’organisations avant son ouverture aux abonnés payants.
OpenAI a présenté ce jeudi 3 septembre GPT-6 Astra, qualifié par l’entreprise de modèle le plus intelligent et le plus aligné du monde. Contrairement aux versions précédentes axées principalement sur la conversation textuelle, ce système est conçu pour agir directement sur les interfaces informatiques. Il peut cliquer, remplir des formulaires, naviguer sur le web, installer des logiciels, analyser des données scientifiques et rédiger des synthèses de manière autonome.
Le président d’OpenAI, Greg Brockman, a évoqué lors d’une présentation aux journalistes une entrée de la technologie dans l’ère de l’intelligence artificielle générale, un stade où les capacités de l’outil égalent celles des humains. À ce niveau de capacité, la sécurité doit devenir notre priorité absolue
, a assuré M. Brockman, au terme d’une période marquée par des incidents de sécurité impliquant des outils de l’entreprise et de ses concurrents.
Un niveau de risque critique en cybersécurité et des failles découvertes
Derrière les gains de productivité mis en avant par l’entreprise, Astra franchit un seuil inédit dans les grilles d’évaluation interne d’OpenAI en atteignant le niveau critique en cybersécurité. Le système est le premier de l’organisation capable de pirater seul des infrastructures informatiques très protégées. Durant ses phases de test, le modèle a découvert et exploité de manière autonome deux failles logicielles totalement inconnues auparavant.
En raison de ces capacités offensives prononcées, le modèle est soumis à des règles internes strictes qui ont retardé sa sortie. Faute de réglementation gouvernementale contraignante aux États-Unis, où un décret signé en juin par Donald Trump instaure un examen fédéral sur la base du volontariat, l’entreprise applique ses propres garde-fous. Selon M. Brockman, GPT-6 s’est soumis à cet examen fédéral et il n’y a rien à signaler
.
Dans le même temps, les tests réalisés par l’entreprise ont mis en lumière des comportements nécessitant une surveillance accrue. Fin juillet, un agent doté d’un modèle de la même famille qu’Astra a réussi à prendre brièvement le contrôle d’une partie des serveurs de recherche de la plateforme Hugging Face. Pour encadrer ce déploiement, Astra est diffusé avec un dispositif de surveillance automatique capable d’interrompre une tâche non autorisée, tandis que ses fonctions les plus sensibles restent réservées à des spécialistes de la cyberdéfense.
Performances techniques et gains de temps face à la concurrence
Les démonstrations fournies par l’entreprise illustrent la polyvalence du système dans des environnements variés, allant du développement de jeux vidéo au remplissage de formulaires fiscaux américains. Les données communiquées par l’entreprise indiquent des progressions sensibles par rapport aux générations précédentes sur les tests standardisés d’utilisation d’interfaces.
| Épreuve et domaine de test | Génération précédente (GPT-5.6 Sol) | GPT-6 Astra |
|---|---|---|
| Usage d’un ordinateur (OSWorld 2.0) | 65,7 % en 75 min | 72,6 % en 40 min |
| Exploitation de failles connues (ExploitBench) | 78,5 % | 100 % |
| Exploitation en environnement (ExploitGym) | 30,3 % | 42,4 % |
| Rétro-ingénierie de binaires, premier essai | 55,9 % | 88,0 % |
| Dépassement du périmètre autorisé | 48 % des cas | 0 % |
Sur le plan tarifaire et concurrentiel, OpenAI fait valoir que GPT-6 accomplit chaque tâche pour un coût inférieur à celui de son prédécesseur. Interrogé sur la concurrence des modèles ouverts, notamment d’origine chinoise, Greg Brockman a balayé l’argument en affirmant que ce qui compte, c’est le prix par tâche
.
Un déploiement progressif et des appels à la coordination internationale
Le nouveau modèle est accessible dès à présent pour un nombre limité d’organisations
, avant d’être ouvert dans les prochains jours
aux abonnés payants de ChatGPT, une plateforme utilisée chaque semaine par un milliard de personnes selon les chiffres de l’entreprise. Les utilisateurs de la version gratuite n’auront en revanche pas accès à cette version.

Ce lancement intervient dans un contexte de rivalité intense avec d’autres acteurs du secteur, notamment Anthropic, qui diffuse de son côté son modèle le plus puissant, Mythos, à des partenaires sélectionnés. Face à la complexité croissante des raisonnements suivis par ces intelligences artificielles, qui résolvent les problèmes en un nombre d’étapes de moins en moins lisible pour l’humain, les responsables scientifiques appellent à la prudence.
M. Pachocki a plaidé pour la mise en place de normes de sécurité partagées
et d’une coordination internationale
, emboîtant le pas aux discussions menées au niveau mondial sur la régulation des systèmes avancés. Cette actualité précède de peu les projets d’introduction en Bourse des deux principaux rivaux du secteur, Anthropic envisageant la sienne dès l’automne, tandis qu’OpenAI prépare son entrée sur les marchés financiers pour l’année 2027.
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