Publié le 30 septembre 2025 à 18h59. Des experts immobiliers et des parlementaires coréens remettent en question la fiabilité des statistiques hebdomadaires sur les prix des logements, pointant des biais méthodologiques qui pourraient fausser les politiques publiques.
- Les statistiques hebdomadaires sur les prix des appartements, établies par l’immobilier Corée, sont critiquées pour leur méthodologie et leur manque de représentativité.
- Un écart significatif a été constaté entre l’indice des prix de transaction et les prix de vente réels, soulevant des inquiétudes quant à leur utilité pour évaluer le marché.
- Des voix s’élèvent pour plaider en faveur de l’abandon de ces statistiques hebdomadaires, ou à défaut, de leur complément par des données plus fiables.
Lors d’un débat parlementaire organisé le 30 septembre par Lee Yeon-hee et Yeom Tae-Young, membres de la Commission nationale des transports, des experts ont souligné les failles des statistiques actuelles. Le système de l’immobilier Corée repose sur un échantillon de 35 000 grands appartements, dont les prix sont évalués chaque semaine. En l’absence de transactions réelles, les enquêteurs recourent à des estimations basées sur des biens similaires ou des prix indicatifs, ce qui introduit une subjectivité potentielle.
Le professeur Lee Chang-Moo, de l’Université de Hanyang, a mis en garde contre les conséquences de ces imprécisions :
« Ces statistiques hebdomadaires, bien que largement diffusées, peuvent induire en erreur les décideurs politiques et conduire à des mesures inappropriées. »
Lee Chang-Moo, professeur d’ingénierie urbaine à l’Université de Hanyang
Choi Eun-Young, directeur du Korea Urban Research Institute, a illustré ce problème en citant l’exemple du complexe de reconstruction 4400 à Gangnam-gu, Séoul, où aucune vente n’a été enregistrée pendant plus de 20 semaines entre 2020 et 2022. Cette situation met en évidence la difficulté d’obtenir des données fiables dans un contexte de faible activité transactionnelle.
L’écart entre les indices de prix et les transactions réelles est particulièrement préoccupant. Selon le professeur Lee, un appartement de reconstruction valant 600 millions de wons (environ 430 000 euros) en 2017-2022 a vu son prix augmenter à 1,5 milliard de wons (environ 1,08 million d’euros) selon l’indice. Cependant, le prix de transaction réel n’était que de 100 millions de wons (environ 72 000 euros) en plus, soit une augmentation de seulement 26% contre 96% affichée par l’indice. Cet écart, qui représente une différence de 475 millions de wons (environ 340 000 euros), soulève des questions sur la pertinence de ces indicateurs.
Kim Yong-chang, professeur de géographie à l’Université nationale de Séoul, a souligné l’importance de développer des indicateurs fiables pour surveiller l’évolution des prix de l’immobilier, citant l’exemple de la Banque de la Réserve fédérale de Dallas qui suit de près les signaux de surchauffe du marché.
La discussion a également porté sur les statistiques hebdomadaires publiées par des institutions privées telles que KB Kookmin Bank et R114. Le professeur Lee a suggéré de ne plus publier d’indices hebdomadaires et de se contenter de consulter ces institutions privées pour obtenir des informations complémentaires. Yun Ji-Ja, directeur du laboratoire de recherche R114, a toutefois exprimé des réserves quant à cette proposition.
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