Home Des sportsOpinion : L’interdiction par l’Indonésie des gymnastes israéliens : un rappel douloureux des Jeux olympiques d’été de 1936

Opinion : L’interdiction par l’Indonésie des gymnastes israéliens : un rappel douloureux des Jeux olympiques d’été de 1936

by Camille Renault

Publié le 29 octobre 2025 17h55. L’exclusion de gymnastes israéliens des Championnats du monde de gymnastique artistique à Jakarta résonne douloureusement avec les injustices subies par les athlètes juifs dans le passé, ravivant des souvenirs amers et suscitant des craintes d’une exclusion systématique des Juifs dans divers domaines.

  • L’Indonésie a refusé d’accorder des visas aux gymnastes israéliens pour participer aux Championnats du monde de gymnastique artistique, une étape cruciale pour la qualification aux Jeux Olympiques.
  • Cette décision est présentée par Jakarta comme une protestation contre l’offensive israélienne à Gaza suite aux attaques du Hamas du 7 octobre.
  • L’auteure de l’article relie cet incident à l’exclusion de l’athlète juive Gretel Bergmann des Jeux olympiques de Berlin en 1936.

La décision de l’Indonésie de priver les gymnastes israéliens de la possibilité de participer aux Championnats du monde de gymnastique artistique à Jakarta a provoqué une onde de choc, ravivant des souvenirs douloureux et soulevant des questions sur la place des athlètes juifs dans le sport international. Cette exclusion, justifiée par Jakarta comme une forme de protestation politique contre l’État d’Israël suite aux événements du 7 octobre, intervient à un moment critique pour les jeunes athlètes israéliens, qui s’entraînent sans relâche pour se qualifier pour les Jeux Olympiques.

Pour Amy Neustein, sociologue et auteure, cette situation est particulièrement poignante. Elle se souvient de sa mère, Shirley Friedberg Neustein, qui avait rencontré en 1937, dans un camp de vacances new-yorkais, Gretel Bergmann, une athlète de haut niveau empêchée de participer aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 en raison de ses origines juives. Sa mère avait immédiatement proposé à Gretel de venir vivre chez eux, une offre qui ne s’est finalement pas concrétisée, mais qui témoigne de l’empathie et de la solidarité dont elle a fait preuve.

L’humiliation et la douleur endurées par Gretel Bergmann ont laissé des cicatrices profondes, comme l’a raconté sa mère à Amy Neustein lors d’une rencontre fortuite en 1996, à l’occasion de l’intronisation de l’athlète au Temple national de la renommée des sports juifs. Gretel avait alors été invitée d’honneur aux cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’Atlanta. « Il était difficile pour Gretel de se remettre de l’attaque contre son intégrité et son caractère par un régime nazi qui la discriminait en raison de sa haine effrénée envers les Juifs », a confié Amy Neustein.

L’exclusion des gymnastes israéliens à Jakarta résonne donc comme un écho du passé, ravivant la crainte d’une exclusion systématique des Juifs dans tous les domaines de la vie. Amy Neustein s’inquiète d’un retour à des pratiques discriminatoires, similaires aux quotas imposés aux Juifs dans l’accès à l’éducation, au gouvernement et à l’industrie. Elle souligne que cette hostilité ne connaît pas de frontières géographiques, citant le cas d’un ami israélien ayant acheté une propriété en Hongrie et s’étant vu signifier qu’il n’était plus le bienvenu.

Au-delà de l’exclusion des gymnastes, Amy Neustein observe une montée générale de l’hostilité envers les Israéliens et les Juifs dans le monde, touchant les scientifiques, les chercheurs, les entrepreneurs et les artistes. Elle appelle à une réaction ferme contre cette interdiction imposée par l’Indonésie, avec la même détermination dont Gretel Bergmann a fait preuve face à l’injustice qu’elle a subie en 1936.

Amy Neustein, Ph.D., est sociologue et auteur/éditrice de 16 ouvrages universitaires. Elle réside à Fort Lee, New Jersey.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.