Publié le 24 octobre 2024 à 15h20. Les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre les géants pétroliers russes Lukoil et Rosneft, une décision qui pourrait perturber l’approvisionnement énergétique de l’Europe et a suscité une réaction ferme de la Hongrie, fortement dépendante du pétrole russe.
- Washington impose des sanctions à Lukoil et Rosneft, les premières de ce type depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.
- Ces sanctions pourraient forcer Moscou à interrompre ses livraisons de pétrole vers l’Europe, avec des conséquences potentielles pour des pays comme la Hongrie.
- Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a promis de trouver des moyens de contourner ces sanctions afin de maintenir l’approvisionnement énergétique de son pays.
Les nouvelles sanctions américaines visent deux des plus importantes compagnies pétrolières russes, Lukoil et Rosneft. Si les détails précis de ces mesures restent à définir, elles pourraient entraîner la fermeture des derniers oléoducs acheminant le pétrole russe vers l’Europe. La Hongrie, qui dépend massivement du pétrole russe pour satisfaire ses besoins énergétiques, est particulièrement vulnérable à cette situation.
Viktor Orbán, Premier ministre hongrois et allié de longue date de Donald Trump, a réagi avec fermeté à l’annonce des sanctions. Il a affirmé que la Hongrie ne se laisserait pas intimider et qu’elle trouverait des solutions pour contourner les restrictions imposées par Washington.
« Certaines compagnies pétrolières russes sont effectivement sous sanctions. J’ai commencé la semaine en consultant à plusieurs reprises les dirigeants de MOL, et nous travaillons sur la manière de contourner ces sanctions. »
Viktor Orbán, Premier ministre hongrois
MOL, la compagnie énergétique hongroise, est au cœur de cette stratégie de contournement. M. Orbán a également souligné l’importance de maintenir des prix de l’énergie abordables pour les consommateurs hongrois, estimant que cela passe par la possibilité de continuer à acheter du pétrole et du gaz à la Russie.
« Quiconque souhaite une réduction des prix des services publics doit défendre le droit de la Hongrie d’acheter du pétrole et du gaz à la Russie. »
Viktor Orbán, Premier ministre hongrois
La Hongrie justifie sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie par sa situation géographique, estimant qu’elle n’a pas d’alternatives viables à court terme. Cette position a été maintenue malgré les efforts de l’Union européenne pour se désengager des importations d’énergie russe suite à l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine en 2022. Si la plupart des pays de l’UE ont réduit leur dépendance, la Hongrie et la Slovaquie voisine restent fortement tributaires du Kremlin pour leur approvisionnement énergétique.
La Croatie a proposé de fournir à la Hongrie et à la Slovaquie une partie de leurs besoins énergétiques grâce à sa propre capacité, notamment via le gazoduc Adriatique, mais cette offre n’a pas encore été retenue par Budapest et Bratislava.