L’orthoptie, un métier essentiel mais souvent mal compris. Alors que la profession célèbre ses soixante-dix ans d’existence, il est crucial de redéfinir clairement son rôle face aux évolutions du système de santé et aux confusions persistantes.
Depuis 1999, la législation a évolué pour mettre l’accent sur les « compétences professionnelles indépendantes et exclusives » plutôt que sur les simples « tâches », comme le stipule la loi n° 251 de 2000. Cette évolution a conduit à une redéfinition des actes professionnels, désormais encadrés par des réglementations plus strictes.
L’orthoptiste, exerçant en toute autonomie, est le professionnel de référence pour la prévention et le traitement des troubles visuels. Il réalise des dépistages ciblés et effectue l’ensemble des tests ophtalmologiques, y compris les mesures de réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) afin de déterminer la correction visuelle la plus adaptée : lunettes, lentilles de contact, prismes, etc.
Son domaine d’expertise se concentre sur la rééducation visuelle – également appelée entraînement orthoptique – un aspect confirmé par le Tribunal Administratif Régional (TAR). Ce dernier a souligné qu’il n’existe pas d’autre figure professionnelle équivalente à celle de l’orthoptiste en matière de rééducation visuelle.
L’orthoptie englobe également l’examen de la vue, souvent appelé « optométrie ». Il est important de préciser que, bien que cet examen puisse être réalisé par différents professionnels – médecins spécialistes en ophtalmologie, pédiatres, médecins attestant l’aptitude à la conduite, et opticiens – il ne constitue pas un diagnostic clinique en soi. Comme le précise le Code de déontologie de la profession depuis 2012, il s’agit d’un test fonctionnel qui évalue les capacités visuelles et peut orienter vers un parcours thérapeutique adapté.
La collaboration entre les professionnels de la vision est essentielle : la santé oculaire relève du médecin, la qualité de la vision binoculaire et l’équilibre musculaire de l’orthoptiste, et la fabrication des dispositifs correcteurs de l’opticien.
La législation actuelle (loi n° 43/2006, complétée par la loi n° 3/2018) interdit la création de nouvelles professions de santé par simple subdivision ou chevauchement avec des professions existantes et réglementées. Le contenu des arrêtés ministériels et des règlements d’enseignement définit précisément le domaine d’activité et de responsabilité de chaque professionnel de santé, dans le respect mutuel des compétences spécifiques.
Pour clarifier ces enjeux, la Commission Nationale du Registre des Orthoptistes a publié un document de positionnement qui rassemble et explique la réglementation en vigueur, afin de lutter contre les informations erronées et les termes ambigus.
« Fournir une information correcte signifie redonner de la dignité aux professions de santé et une meilleure protection des citoyens », souligne Lucie Intruglio, présidente de la Commission Nationale du Registre des Orthoptistes. « Continuons à valoriser le travail complexe et essentiel que les orthoptistes accomplissent chaque jour. »
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