Home MondeOù se trouve Lavrov ? Rumeurs sur le sort du cerveau de la politique étrangère de Poutine

Où se trouve Lavrov ? Rumeurs sur le sort du cerveau de la politique étrangère de Poutine

by Clara Dubois

Publié le 16 novembre 2025 à 01:34. L’absence prolongée du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de la scène publique alimente les spéculations sur son état de santé et sa position au sein du Kremlin, tandis que le rôle de la diplomatie russe semble s’amenuiser face à la concentration du pouvoir entre les mains de Vladimir Poutine.

  • Sergueï Lavrov est absent de la sphère publique depuis une semaine, manquant des réunions importantes et suscitant des interrogations.
  • Des rumeurs évoquent une possible disgrâce auprès de Vladimir Poutine, notamment après l’annulation d’une rencontre prévue avec Donald Trump.
  • L’influence de Lavrov et du ministère des Affaires étrangères russe est en déclin, au profit d’une approche plus militaire et sécuritaire de la politique étrangère.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, suscite l’inquiétude. Disparu des radars depuis une semaine, le diplomate chevronné a manqué une réunion clé avec Vladimir Poutine et a été absent du récent sommet du G20. Son silence et son absence prolongée alimentent les spéculations sur son état de santé et sa position au sein du gouvernement russe.

Samedi dernier, Lavrov est brièvement apparu pour une interview accordée aux médias d’État, mais l’image diffusée était en réalité une photo datant d’un an. Depuis, le ministre reste introuvable, laissant les observateurs s’interroger sur les raisons de cette soudaine discrétion.

Spéculations et interrogations

Maladie ? Révocation ? Ou un destin plus tragique ? Les hypothèses vont bon train. Certains évoquent même la possibilité d’une chute en disgrâce après l’annulation d’une rencontre prévue entre Vladimir Poutine et Donald Trump à Budapest. Le Kremlin a fermement démenti ces rumeurs, par l’intermédiaire de son porte-parole, Dmitri Peskov, qui a affirmé que tout cela était « totalement faux ».

L’absence de Lavrov à une réunion du Conseil de sécurité nationale, où Vladimir Poutine a ordonné à l’armée de se préparer à d’éventuels essais d’armes nucléaires, n’a pas manqué d’interroger. De plus, le Kremlin a annoncé que Dmitri Orechkine, chef adjoint de l’administration présidentielle, représenterait la Russie au sommet du G20 à Johannesburg, remplaçant ainsi Lavrov, qui avait toujours été le représentant russe lors de ces événements depuis l’invasion de l’Ukraine.

Un rôle en déclin ?

Les dernières apparitions publiques de Lavrov, avant cette interview du week-end, semblent délibérément discrètes : un bref discours lors d’une cérémonie de clôture d’un groupe de bénévoles, des messages de condoléances pour le décès d’un présentateur de télévision, et un autre pour le 60e anniversaire d’un ancien ministre de la Santé. Des événements de faible envergure, loin des enjeux majeurs de la politique internationale.

Selon Andrei Kolesnikov, correspondant du Kommersant, Lavrov se tiendrait à l’écart du Conseil de sécurité « d’un commun accord », sans autre explication. Cependant, l’édition russe de Vremya Novosti estime qu’il serait probablement tombé en disgrâce après l’annulation de la rencontre avec Donald Trump.

Au-delà des spéculations, la question de l’état de santé de Lavrov est soulevée. Son emploi du temps chargé et son penchant pour le whisky (Johnnie Walker Black Label, selon certaines sources) et le tabac pourraient avoir des conséquences sur sa santé. Lors du sommet du G20 à Bali en 2022, une photo diffusée pour dissiper les rumeurs de problèmes de santé avait été attribuée à un hôpital après son absence à plusieurs séances.

Une politique étrangère sous pression

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, et surtout depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, le rôle de Lavrov et du ministère des Affaires étrangères russe s’est considérablement réduit. Les domaines où résidait autrefois leur influence – les relations formelles avec l’Occident, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’OSCE, les négociations nucléaires iraniennes – sont devenus largement obsolètes.

Lavrov, figure emblématique de la diplomatie russe pendant plus de vingt ans, se retrouve désormais à devoir justifier les décisions prises par Vladimir Poutine, et à incarner un système qui semble dépassé. Il est devenu, selon certains, une relique d’un autre temps.

Des successeurs potentiels sont déjà pressentis, tels que Sergueï Ryabkov et Igor Morgulov. Des rumeurs évoquent également la possibilité de voir Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, prendre la tête du ministère des Affaires étrangères. Kirill Dmitriev, un financier proche de Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain au Moyen-Orient, pourrait également être un candidat, bien qu’il soit considéré comme un novice en matière de diplomatie.

En fin de compte, la longévité de Lavrov au sommet de la diplomatie russe repose sur sa loyauté indéfectible envers Vladimir Poutine et sa capacité à incarner une ligne dure intransigeante. (Cet article a été créé en coopération avec telegraph.co.uk)

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