La criminalité diminue dans plusieurs quartiers suédois considérés comme particulièrement sensibles, mais la situation reste préoccupante dans d’autres, selon un rapport biennal de la police nationale. Cette évaluation révèle une amélioration globale, mais aussi de nouvelles tendances inquiétantes en matière de recrutement de jeunes dans le crime organisé.
Deux quartiers de Stockholm et quatre de Malmö ont vu une baisse de la délinquance en 2025. En revanche, la situation s’est détériorée dans deux districts de Göteborg et de Borås. Dans l’ensemble, la police constate une diminution des ventes de drogue en plein air et du nombre d’arrestations.
« Le trafic de drogue a quasiment disparu des rues, les agressions contre les policiers et les agents de sécurité sont moins fréquentes, et les troubles à l’ordre public ont également diminué », a déclaré Charlotta Höglund, chef de l’unité de renseignement au département des opérations nationales de la police suédoise (Noa), dans un communiqué.
La police suédoise établit une liste des « zones vulnérables » depuis 2015, identifiant les districts urbains caractérisés par un statut socio-économique faible et un taux de criminalité élevé. Le rapport de 2025 recense 65 de ces zones, dont 19 sont classées « particulièrement vulnérables », contre 59 et 17 respectivement en 2023. Cependant, la police précise que cette augmentation est due à une division de certaines zones afin d’affiner l’évaluation, et non à une aggravation générale de la situation.
Andersberg, en périphérie d’Halmstad, est la seule zone à avoir été entièrement retirée de la liste. À l’inverse, le quartier de Granängsringen à Tyresö, près de Stockholm, y a été ajouté. Selon Gustav Rosén Zetterberg, responsable de la police locale à Andersberg, ce résultat est le fruit d’une « forte coopération entre la municipalité, les sociétés de logement et la police ». Depuis 2024, la présence de deux policiers de proximité a renforcé les liens entre les autorités et les habitants, tandis que les élus locaux ont massivement investi dans des programmes de prévention de la délinquance juvénile.
Outre Andersberg, six autres districts ont connu une amélioration : Alby et Fittja (Botkyrka, près de Stockholm), ainsi que Nydala, Hermosdal, Lingängen et Fosie (Malmö). Seuls Hammarkullen (Göteborg) et Norrby (Borås) ont vu leur situation se dégrader.
Un nouveau phénomène inquiète les autorités : le recrutement de jeunes, souvent originaires de petites villes sans présence de gangs, via internet pour commettre des attentats à l’explosif ou des fusillades. « La tendance est claire : des jeunes, souvent issus de petites villes dépourvues de réseaux criminels, intègrent désormais le paysage des crimes violents graves et du crime organisé. Nous observons cela dans toutes les municipalités, et pas seulement dans celles qui abritent des zones vulnérables », a souligné Charlotta Höglund. « Il est donc essentiel que chacun s’engage activement pour empêcher les jeunes d’être exploités par ces réseaux criminels. »
Malgré cette nouvelle tendance, environ 60 % des fusillades entre 2022 et 2024 sont liées à des zones vulnérables. Par ailleurs, la moitié des individus considérés comme des « acteurs-clés » dans la criminalité des gangs sont basés dans ces zones, dont 900 sont classés comme de « nouveaux acteurs » qui n’apparaissaient pas dans l’évaluation de 2023.
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