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Ouganda, la lutte quotidienne entre hommes et animaux qui entrave l’éducation à Buliisa

by Nicolas Lefèvre

Dans le district ougandais de Buliisa, la construction d’une nouvelle école préscolaire offre un rayon d’espoir aux enfants des communautés rurales, longtemps privés d’accès à l’éducation en raison des dangers liés à la faune sauvage.

Longtemps, la scolarisation des jeunes habitants des villages de Mubako et Kilyango, situés à proximité du parc national de Murchison Falls, était compromise par la présence d’éléphants, de buffles et d’autres animaux sauvages. Les enfants devaient parcourir jusqu’à sept kilomètres à travers des zones à risque pour rejoindre l’école primaire de Paraa. Cette situation a conduit de nombreux parents à retarder l’inscription de leurs enfants, les attendant parfois jusqu’à l’âge de sept, huit, voire dix ans, par crainte pour leur sécurité.

Ce retard a engendré un important retard scolaire et un taux d’abandon élevé, souvent synonyme de mariages précoces et d’une marginalisation économique et sociale des jeunes générations. Pour y remédier, un projet communautaire a vu le jour à Ongwedo, grâce au soutien du Rotary Club de Maya (Ouganda), de l’Arizona Community Foundation et de l’organisation Empower and Shine.

Fruit de cette collaboration, l’école maternelle “God’s Plan” a été construite, à l’initiative de Patrick Iguru, un habitant local qui dispensait déjà un enseignement en plein air depuis trois ans. Le bâtiment, qui a représenté un investissement d’environ 80 000 dollars américains (environ 270 millions de shillings ougandais), comprend trois salles de classe, un bureau, un espace de stockage, des toilettes sèches améliorées (latrines VIP) et un système de récupération d’eau de pluie d’une capacité de 10 000 litres.

La communauté locale a joué un rôle essentiel dans la réalisation de ce projet, en fournissant le terrain et en participant à la main-d’œuvre. Lors de la cérémonie d’inauguration, Richard Ochirchan, président du conseil local, a déclaré : « Nos enfants pourront enfin commencer leurs études à un âge normal, sans mettre leur vie en danger chaque jour en traversant le parc. »

Catherine Murungi, présidente du Rotary Club de Hoima Kitara, a également annoncé l’engagement de son club à assurer la formation des enseignants et à améliorer la qualité de l’enseignement. À ce stade, la question du financement de l’école reste ouverte. Les autorités locales ont demandé aux parents de contribuer aux salaires des enseignants, en attendant l’intégration officielle de l’établissement dans le système éducatif du district.

« Nos enfants ont enfin un endroit sûr pour apprendre », témoigne une mère de village, exprimant l’espoir suscité par cette nouvelle école. Cependant, l’absence du responsable de l’éducation du district lors de la cérémonie d’inauguration soulève des interrogations quant à l’avenir institutionnel de l’établissement. Malgré ces incertitudes, “God’s Plan Pre-School” illustre la manière dont la coopération locale et internationale peut transformer la vulnérabilité en résilience et la peur en confiance en l’avenir.

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