Publié le 24 octobre 2024 14:35:00. Face à la prolifération de vidéos truquées générées par intelligence artificielle, notamment à Hollywood, OpenAI renforce sa politique concernant son outil Sora 2 afin de mieux protéger l’image et la voix des personnalités publiques.
- OpenAI durcit sa politique concernant Sora 2 pour empêcher la création de deepfakes non autorisés.
- Des célébrités comme Zelda Williams et Brian Cranston ont exprimé leur inquiétude face à l’utilisation de leur image par l’IA.
- Le syndicat des acteurs SAG-AFTRA et les agences de talents dénoncent une exploitation des droits d’auteur et de l’identité des artistes.
La controverse autour des vidéos deepfake créées par intelligence artificielle s’intensifie, poussant OpenAI à revoir sa politique d’utilisation de son outil Sora 2. Ce modèle de génération vidéo avancé, capable de créer des séquences à partir de simples descriptions textuelles, permettait jusqu’à présent de reproduire l’apparence et la voix de personnes, y compris celles décédées, sans leur consentement.
La fille de l’acteur Robin Williams, Zelda Williams, a été l’une des premières à exprimer publiquement son indignation. Elle a qualifié de « contenu TikTok dégoûtant et vulgaire » les vidéos générées par l’IA représentant son père. Plus récemment, une vidéo utilisant l’image de Martin Luther King Jr. a suscité de vives critiques, dénoncée comme une « représentation insultante du défunt ».
L’acteur Brian Cranston a également alerté sur le problème après la diffusion d’une image manipulée par l’IA le montrant aux côtés de Michael Jackson et de Ronald McDonald, la mascotte de McDonald’s. Il a immédiatement saisi le syndicat des acteurs SAG-AFTRA (Screen Actors Guild – American Federation of Television and Radio Artists), qui a fermement condamné ces pratiques. Son président, Sean Astin, a souligné que « l’identité et les droits des acteurs sont gravement violés ».
« L’utilisation de contenu d’IA sans consentement, reconnaissance ou compensation n’est pas une innovation, mais une exploitation »
United Talent Agency (UTA)
La Creative Artists Agency (CAA) a exprimé une position similaire, rejoignant le concert de protestations contre l’utilisation non autorisée de l’image des artistes.
Face à cette forte réaction, OpenAI a annoncé qu’elle allait renforcer les garde-fous de Sora 2 et introduire des protections plus strictes. La société a déclaré : « Chaque artiste, créateur et individu a le droit de décider lui-même comment et s’il est simulé par l’IA ». Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a également insisté sur la nécessité de prévenir l’utilisation non autorisée de la voix et de l’apparence d’autrui.
Brian Cranston s’est dit satisfait de cette évolution.
« Je suis reconnaissant pour la réponse responsable d’OpenAI et pour l’amélioration du système. J’espère que la technologie de l’IA se développera d’une manière qui respecte la vie privée humaine et l’identité professionnelle. »
Brian Cranston, acteur
Cette décision souligne l’importance de l’éthique et de la responsabilité dans le développement de l’intelligence artificielle générative. Elle met en lumière la nécessité d’adopter des politiques et des réglementations adaptées à l’évolution rapide de cette technologie.