Publié le 14 janvier 2024 05:48:00. Une intervention simple dans les dossiers médicaux électroniques des services d’urgence a permis de réduire significativement la durée des prescriptions d’antibiotiques pour des infections courantes, contribuant ainsi à lutter contre l’antibiorésistance et à maîtriser les coûts de santé.
- L’introduction de durées de traitement prédéfinies dans les dossiers de santé électroniques (DSE) a presque doublé le nombre d’ordonnances d’antibiotiques conformes aux recommandations nationales.
- La proportion de prescriptions d’antibiotiques d’une durée de 10 jours ou plus a diminué de 31 %.
- La durée moyenne des traitements antibiotiques a été réduite de près d’un jour et demi pour les infections étudiées.
L’utilisation excessive et prolongée d’antibiotiques est un problème de santé publique majeur, favorisant l’émergence de bactéries résistantes et entraînant des effets indésirables pour les patients, ainsi que des dépenses inutiles. Afin de limiter ces risques, une équipe médicale a mis en place une stratégie innovante au sein de son service d’urgence.
En avril 2023, des durées de traitement prédéfinies ont été intégrées aux dossiers de santé électroniques (DSE) pour les infections les plus fréquemment rencontrées en milieu hospitalier : la cellulite, la bronchite aiguë, les infections des voies respiratoires supérieures, la sinusite, la pneumonie communautaire et les infections urinaires. Les médecins conservaient la possibilité de modifier ces durées en fonction des besoins spécifiques de chaque patient. Parallèlement, des supports d’information sur les dangers d’une antibiothérapie prolongée ont été diffusés auprès du personnel soignant.
Une analyse rétrospective des prescriptions établies entre mai et décembre 2022 (avant l’intervention) et entre mai et décembre 2023 (après l’intervention) a permis d’évaluer l’impact de cette nouvelle approche. L’étude a porté sur les patients adultes et a exclu ceux ayant reçu une prescription d’azithromycine. Les données relatives aux patients, aux consultations et aux prescriptions ont été extraites directement des DSE.
Les résultats sont encourageants : la proportion de prescriptions respectant les durées recommandées par les directives médicales est passée de 34 % à 64 % (p < 0,001). De plus, la proportion de traitements d'une durée de 10 jours ou plus a été divisée par deux, passant de 49 % à 18 % (p < 0,001). En moyenne, la durée des antibiotiques a été réduite de 1,39 jour pour toutes les infections étudiées, une diminution statistiquement significative.
Cette étude démontre qu’une intervention simple et peu coûteuse, intégrée directement dans le flux de travail des services d’urgence, peut avoir un impact significatif sur la prescription d’antibiotiques et contribuer à une utilisation plus raisonnée de ces médicaments. Les chercheurs soulignent l’importance de poursuivre ces efforts pour préserver l’efficacité des antibiotiques face à la menace croissante de l’antibiorésistance.
Déclarations d’intérêts : Elizabeth Nothdurft, PharmD, BCPS, BCIDP, a reçu des honoraires de la part d’Abbvie. Nirmol Philip, MD, MPH, a reçu des honoraires de la part de Nestlé.