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«Pas de 10 millions de Suisse»: l’initiative UDC reçoit un large soutien en Suisse

Publié le 7 décembre 2025 à 05h33. L'initiative populaire de l'UDC visant à limiter la population suisse à 10 millions d'habitants suscite un débat passionné et recueille un soutien inattendu au-delà de son électorat traditionnel, alors que le…

«Pas de 10 millions de Suisse»: l’initiative UDC reçoit un large soutien en Suisse

Publié le 7 décembre 2025 à 05h33. L’initiative populaire de l’UDC visant à limiter la population suisse à 10 millions d’habitants suscite un débat passionné et recueille un soutien inattendu au-delà de son électorat traditionnel, alors que le vote approche.

  • Une enquête révèle que 48 % des Suisses soutiennent l’initiative « 10 millions de Suisses ».
  • Le président de l’UDC, Marcel Dettling, y voit une confirmation des conséquences négatives de l’immigration.
  • Les partis de gauche et le centre-droit mettent en garde contre les risques économiques et diplomatiques d’une telle limitation.

L’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC), qui vise à inscrire dans la Constitution fédérale un plafond de 10 millions d’habitants pour la Suisse d’ici 2050, est au cœur d’un débat national qui s’intensifie à l’approche du vote populaire, potentiellement dès juin prochain. Si elle était acceptée, les accords bilatéraux avec l’Union européenne, notamment l’accord sur la libre circulation des personnes, devraient être renégociés, voire rompus.

Une enquête réalisée par l’institut de recherche LeeWas pour le compte de 20 Minuten et Tamedia révèle un niveau de soutien surprenant pour cette initiative. Actuellement, 48 % des personnes interrogées se déclarent favorables au projet de l’UDC, contre 41 % d’opposants et 11 % d’indécis. L’adhésion est plus forte dans les zones rurales et parmi les foyers à faibles revenus que dans les villes et chez les personnes aisées. Une majorité des électeurs du Parti libéral-démocrate (PLD) se montrent favorables, tandis que les sympathisants du parti du Centre sont plus divisés.

Le président de l’UDC, Marcel Dettling, se réjouit de ces résultats.

« De nombreuses personnes ressentent les conséquences négatives d’une immigration excessive. Et de manière très directe : des embouteillages, des trains bondés, une nature recouverte de béton, davantage de violence et d’insécurité. »

Marcel Dettling, président de l’UDC

Il souligne également que la pénurie de logements est directement liée à l’afflux de nouveaux arrivants et que l’intégration linguistique des enfants est compromise.

« 30 % des enfants ne parlent plus correctement l’allemand. Un enseignement de bonne qualité n’est tout simplement pas possible. Tous les élèves sont concernés. »

Marcel Dettling, président de l’UDC

Cette enquête ne suscite pas l’enthousiasme chez les autres principaux partis du Conseil fédéral. Cédric Wermuth, co-président du Parti socialiste (PS), met en garde contre les conséquences désastreuses d’une telle initiative.

« Trop peu de gens savent que l’initiative extrême de l’UDC entraînera la rupture des accords bilatéraux avec l’UE dans quelques années seulement. »

Cédric Wermuth, co-président du PS

Il prédit un « chaos » économique, car la moitié des exportations suisses sont destinées à l’Union européenne et de nombreux emplois en dépendent. Il dénonce également une politique de division qui utilise les étrangers comme boucs émissaires.

Philipp Matthias Bregy, président du parti du Centre, observe un parallèle avec l’initiative contre l’immigration de masse de 2014. Il estime qu’il est urgent d’élaborer une contre-proposition qui prenne en compte les préoccupations de la population, notamment en matière de contrôle de l’immigration et de limitation de l’accès aux prestations sociales.

« Mettre cette initiative sur le bulletin de vote sans contre-projet, c’est jouer avec le feu. »

Philipp Matthias Bregy, président du parti du Centre

Benjamin Mühlemann, co-leader du PLD, qualifie l’initiative d’« initiative chaotique ». Il craint qu’elle n’entraîne une augmentation massive de l’immigration clandestine et compare la situation à celle de Lampedusa ou de Moria. Il appelle le parti du Centre à se positionner clairement contre ce projet.

« Le parti du centre devrait enfin montrer ses couleurs et cesser de se cacher derrière des contre-propositions inefficaces et désespérées. »

Benjamin Mühlemann, co-leader du PLD

Christof Vuille (vuc) dirige le département politique depuis 2023 et est membre du comité de rédaction. Il rend compte pour 20 Minuten et suit de près la politique fédérale.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.