Publié le 27 août 2023 16:32:00. Les tensions persistent entre le Japon et la Chine après les déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant Taïwan, au point d’empêcher toute discussion bilatérale lors du récent sommet du G20 en Afrique du Sud.
- Aucune rencontre n’a eu lieu entre les Premiers ministres japonais et chinois au sommet du G20.
- Pékin a vivement critiqué les propos de Sanae Takaichi sur une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque contre Taïwan.
- La Chine a réagi en conseillant à ses citoyens d’éviter de se rendre au Japon et en rétablissant des restrictions sur les importations de produits de la mer japonais.
L’absence de dialogue direct entre Sanae Takaichi et Li Qiang, les Premiers ministres japonais et chinois respectivement, lors du sommet du G20 qui s’est tenu ce week-end en Afrique du Sud, illustre la profondeur des divergences entre les deux pays. Ces tensions sont directement liées aux déclarations de Mme Takaichi concernant Taïwan, une île dont Pékin revendique la souveraineté.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa ferme opposition aux propos de la Première ministre japonaise. Le ministre Wang Yi a été cité dimanche par son ministère, déclarant que Mme Takaichi avait envoyé un « mauvais signal » en évoquant une possible intervention militaire japonaise.
« Elle a franchi une ligne rouge qui n’aurait pas dû être touchée en tentant d’intervenir militairement dans la question de Taïwan. »
Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères
Interrogée sur l’absence de rencontre avec son homologue chinois, Sanae Takaichi a affirmé qu’elle n’avait pas cherché à organiser de telles discussions.
« Depuis que je suis devenu Premier ministre, l’intention du Japon de construire des relations mutuellement bénéfiques, constructives et stables reste inchangée. »
Sanae Takaichi, Première ministre japonaise
Elle a toutefois souligné l’importance du dialogue :
« Le Japon est ouvert au dialogue à différents niveaux. Il existe des préoccupations et des problèmes entre le Japon et la Chine. C’est pourquoi nous devons travailler à les réduire, nous comprendre et coopérer davantage. Bien sûr, il est important que le Japon dise ce qu’il faut dire à la Chine. »
Sanae Takaichi, Première ministre japonaise
Les tensions actuelles ont été déclenchées par les déclarations de Mme Takaichi devant le Parlement japonais le 7 novembre, où elle a suggéré qu’une attaque contre Taïwan pourrait justifier une réponse militaire de la part du Japon. Ces propos ont été interprétés comme un possible soutien aux États-Unis, allié de sécurité de Taïwan, en cas de blocus maritime ou d’autres formes de coercition chinoises. En réaction, la Chine a mis en place une série de mesures, notamment un avertissement aux voyageurs déconseillant de visiter le Japon et la réimposition d’une interdiction sur les importations de produits de la mer japonais.
Tokyo a refusé de revenir sur les déclarations de sa Première ministre, les considérant comme conformes à la position de longue date du gouvernement japonais concernant Taïwan. Bien que des inquiétudes concernant les agissements de la Chine à l’égard de Taïwan aient été exprimées par des dirigeants japonais précédents, aucun n’avait formulé publiquement de telles menaces de réponse militaire. Les relations entre le Japon et la Chine sont historiquement marquées par des désaccords sur des questions territoriales et autres.