Publié le 17 décembre 2023 14h30. La maternité, traditionnellement un moment de joie, est de plus en plus marquée par des difficultés d’accès aux soins, en particulier pendant les périodes de forte affluence comme les fêtes de fin d’année, en raison d’un manque crucial de personnel.
- Les hôpitaux néerlandais sont confrontés à une pénurie de personnel en maternité, entraînant des difficultés pour les femmes enceintes à accoucher dans l’établissement de leur choix.
- Des sages-femmes témoignent de situations où elles ont dû se rendre dans un troisième hôpital pour trouver une place disponible, évoquant des parallèles avec l’histoire de la Nativité.
- Le manque de personnel affecte également les soins post-partum, augmentant la pression sur les services de maternité.
La période des fêtes de fin d’année est souvent associée à des images réconfortantes de premiers bébés nés sous les guirlandes. Si cette tradition est bien accueillie, elle masque une réalité plus préoccupante : la saturation croissante des services de maternité aux Pays-Bas. Marloes Verhagen, sage-femme au Centre de sages-femmes Midden Brabant, alerte sur une situation qui se dégrade d’année en année.
L’année dernière, la veille de Noël, elle a vécu une expérience particulièrement marquante.
« J’ai reçu un appel d’un couple qui souhaitait accoucher à l’hôpital. Cela s’est passé plus vite que prévu. Il n’y avait pas de place à l’hôpital Jeroen Bosch, où elle voulait accoucher, et l’hôpital Catharina d’Eindhoven était également plein. Cela vous rend un peu agité. Le temps presse et en tant que sage-femme, vous ressentez une grande responsabilité. »
Marloes Verhagen, sage-femme au Centre de sages-femmes Midden Brabant
Elle a finalement trouvé une place dans le troisième hôpital contacté, Bernhoven à Uden, un établissement qu’elle ne connaissait pas. “Heureusement, nous avons été reçus très gentiment dans cette ‘auberge’ et ce fut un bel accouchement”, raconte-t-elle, faisant un parallèle avec l’histoire de Joseph et Marie à la recherche d’un abri pour la naissance de Jésus.
Selon Marloes Verhagen, le problème ne relève pas d’un manque de volonté des hôpitaux, mais d’une pénurie de personnel.
« Les infirmières se mettent en quatre pour nous prodiguer des soins. Mais de plus en plus de lits doivent être fermés faute de personnel. Les chambres sont souvent là, mais les gens ne le sont pas. »
Marloes Verhagen, sage-femme au Centre de sages-femmes Midden Brabant
Cette situation est exacerbée par le manque de personnel dédié aux soins post-partum, ce qui conduit à des séjours hospitaliers prolongés pour les femmes présentant des complications, augmentant ainsi la pression sur les services déjà saturés.
La sage-femme souligne l’évolution de la situation au cours de ses quatorze années de pratique. Autrefois, les hôpitaux étaient rarement saturés – peut-être une fois par an. Aujourd’hui, cette situation se produit parfois chaque semaine, avec l’utilisation de tableaux de bord pour suivre la disponibilité des lits. Elle insiste sur la nécessité urgente de recruter davantage de personnel spécialisé : des infirmières spécialisées dans les soins de maternité et des sages-femmes.
« Nous recherchons des gens qui aiment ça. »
Marloes Verhagen, sage-femme au Centre de sages-femmes Midden Brabant
Marloes Verhagen espère que son témoignage sensibilisera le public et encouragera les vocations. Elle conseille également aux futures mamans de se préparer à l’éventualité que leur accouchement ne se déroule pas comme prévu.
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