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Publié le 17 novembre 2025. Des chercheurs canadiens et français s’appuient sur l’intelligence artificielle pour développer de nouvelles thérapies ciblées contre le cancer et les maladies infectieuses, en se concentrant sur une enzyme clé impliquée dans le stress cellulaire.

  • Un projet collaboratif, baptisé Pin-AI, a reçu un financement de quatre ans du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) dans le cadre du programme Canada-France en intelligence artificielle.
  • L’équipe vise à identifier de nouveaux inhibiteurs de l’enzyme Pin1, impliquée dans le développement de certains cancers et de maladies infectieuses.
  • Les chercheurs prévoient de mener des essais cliniques utilisant des médicaments existants pour cibler Pin1 dans le traitement du cancer.

Une équipe de recherche interdisciplinaire, issue principalement du Canada et de la France, a lancé un projet ambitieux pour lutter contre le cancer et les maladies infectieuses grâce à l’intelligence artificielle (IA). Le projet, nommé Pin-AI, se concentre sur l’enzyme Pin1, une protéine cellulaire qui réagit aux facteurs de stress et qui, si elle n’est pas contrôlée, peut favoriser le développement de maladies graves.

Dirigée par le professeur Ping Zhao Hu de l’Université Western, et impliquant des chercheurs de l’Université Paris Cité et de l’Institut Pasteur, cette initiative bénéficie d’un financement de quatre ans provenant du CRSNG et des IRSC, dans le cadre du programme Canada-France en intelligence artificielle.

L’équipe comprend également les professeurs Un Ping Lu et Xiao Zhen Zhou de l’École de médecine et de dentisterie Schulich de l’Université Western, ainsi que le professeur d’informatique Boyu Wang. En collaboration avec Jonathan Weitzman de l’Université Paris Cité et Olivier Sperandio de l’Institut Pasteur, ils s’attachent à concevoir de nouveaux algorithmes d’IA capables d’analyser rapidement plus de 100 millions de composés chimiques afin d’identifier des médicaments potentiels capables de bloquer l’action de Pin1.

« Des chercheurs canadiens et français, combinant notre expertise en IA, en biologie computationnelle et en biologie du cancer, concevront conjointement de nouveaux algorithmes d’IA pour découvrir de nouveaux inhibiteurs de Pin1 et nous testerons nos résultats sur des systèmes humains et modèles dans les laboratoires des deux pays »,

Ping Zhao Hu, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les approches informatiques de la recherche en santé.

Les chercheurs prévoient également d’étudier l’enzyme Pin1 chez l’homme et chez les parasites, afin de concevoir des médicaments ciblant spécifiquement Pin1 dans le cancer humain et bovin. Des tests seront effectués sur des cellules humaines atteintes d’un cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive de la maladie, afin d’évaluer l’impact des candidats médicaments sur la croissance et la propagation des cellules cancéreuses. Parallèlement, des tests seront menés sur des bovins atteints d’un cancer causé par des parasites infectieux.

« Nous comprenons maintenant que l’IA peut faire bien plus que simplement examiner des composés existants. Elle peut en fait concevoir et guider la synthèse de composés entièrement nouveaux. Grâce à ces capacités, l’IA peut générer des produits chimiques entièrement nouveaux capables d’inhiber Pin1 avec une précision sans précédent »,

Xiao Zhen Zhou, professeur de pathologie et de médecine de laboratoire à l’École de médecine et de dentisterie Schulich.

La découverte de l’enzyme Pin1 remonte à 1996, grâce aux travaux révolutionnaires des professeurs Lu et Zhou, publiés dans une étude marquante dans la revue Nature. Pin1 est une protéine qui devient active en réponse à des facteurs de stress, tels que des toxines ou des changements physiologiques.

« Notre équipe a déjà démontré de solides résultats sur des modèles animaux, et nous planifions actuellement des essais cliniques utilisant des médicaments existants pour cibler Pin1 pour le traitement du cancer, soulignant le potentiel d’un changement fondamental dans le traitement du cancer. En ciblant cette voie, pilotée par l’IA, nous pouvons utiliser l’immunothérapie pour des tumeurs auparavant insensibles, donnant aux patients une réelle chance de voir leurs tumeurs rétrécir et même disparaître »,

Un Ping Lu, titulaire de la chaire de recherche occidentale en biothérapeutique et professeur de biochimie à l’École de médecine et de dentisterie Schulich.

Les chercheurs espèrent que cette approche innovante, basée sur l’IA, permettra de développer des traitements plus efficaces et ciblés contre le cancer et les maladies infectieuses, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux patients.

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Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.
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