Home AffairesPerspectives des taux : les bons du Trésor varient mais sont prêts à une cassure

Perspectives des taux : les bons du Trésor varient mais sont prêts à une cassure

by Amélie Bernard

Les taux d’intérêt à long terme aux États-Unis semblent pour l’instant bloqués dans une fourchette étroite, malgré des signaux économiques mitigés. Les investisseurs restent prudents, hésitant à parier sur une baisse significative ou une hausse marquée des rendements des bons du Trésor.

Le rapport sur l’emploi américain de novembre a révélé une contraction de 32 000 postes, s’ajoutant à des baisses observées en septembre, août et juin. Ce ralentissement est cependant compensé en partie par une diminution de l’immigration nette, réduisant la pression sur la création d’emplois, et surtout par une forte croissance de la productivité, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Malgré ces données, le rendement à 10 ans s’est maintenu autour de 4,06 % après la publication des chiffres de l’emploi, ne reflétant pas pleinement les anticipations d’une baisse. Les prix à l’importation sont restés stables, voire statistiquement insignifiants, ce qui ne contribue pas à alimenter les pressions inflationnistes. En revanche, les prix à l’exportation ont augmenté de 3,8 %, atteignant leur plus haut niveau depuis environ trois ans, mais restent inférieurs aux pics observés en 2021/22.

À ce stade, le marché ne semble pas disposé à franchir la barre des 4 % à la baisse, tout en restant réticent à dépasser les 4,1 %. Une publication de données économiques vendredi, notamment un chiffre mensuel de 0,1 % (une possibilité), pourrait donner un coup de pouce aux taux inférieurs à 4 %. Un résultat plus probable de 0,2 % reporterait la question à la semaine prochaine, en amont de la réunion du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC).

D’autres indicateurs, comme le rapport Challenger sur les licenciements, pourraient également influencer les marchés, mais les licenciements importants du mois dernier ont été contrebalancés par un nombre relativement faible de nouvelles inscriptions au chômage. Les experts estiment qu’une cassure en dessous de 4 % serait temporaire, possible en début d’année, tandis qu’un dépassement de 4,1 % serait plus structurel, potentiellement visible en 2026.

Par ailleurs, plusieurs membres de la Banque centrale européenne (BCE), dont Kocher, Lane, Cipollone et Guindos, devraient s’exprimer jeudi, mais l’attention restera focalisée sur les indicateurs du marché du travail américain. L’Espagne et la France lanceront également leurs dernières émissions obligataires de l’année : l’Espagne vendra des obligations à 12 ans et des obligations indexées sur l’inflation à 11 ans (pour un total pouvant atteindre 4,25 milliards d’euros), tandis que la France proposera des obligations à 10 et 30 ans (pour un montant maximal de 5,5 milliards d’euros).

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