Home AffairesPerspectives des taux : taux de la livre sterling et données TIC américaines

Perspectives des taux : taux de la livre sterling et données TIC américaines

by Amélie Bernard

Les perspectives de croissance britannique, plus favorables que prévu, exercent une pression à la hausse sur les taux d’intérêt, et les données d’inflation à venir pourraient accentuer cette tendance. Malgré ce regain d’optimisme, les experts anticipent une baisse globale des taux dans les mois à venir.

La livre sterling reflète actuellement un certain optimisme lié à la croissance économique du Royaume-Uni, mais sa trajectoire reste orientée à la baisse. Bien que la livre ait connu une dépréciation significative le mois dernier, une révision à la hausse des prévisions économiques pourrait limiter ces pertes.

Les derniers chiffres de l’emploi montrent une certaine faiblesse, mais les données publiées jeudi ont apporté un signal positif. L’observation d’une sous-performance des taux à 5 ans par rapport au reste de la courbe des taux indique une vision plus optimiste du cycle économique, ce qui freine les anticipations d’un assouplissement monétaire par la Banque d’Angleterre. À ce stade, la probabilité d’une baisse des taux en mars s’amenuise, avec seulement 9 points de base intégrés dans les cours.

La semaine prochaine sera cruciale pour les taux de la livre sterling, avec la publication de nouvelles données sur l’inflation et l’emploi. Un scénario belliciste pourrait se dessiner si l’inflation des services venait à progresser, passant d’un niveau déjà élevé de 4,4 % à 4,6 %. Dans ce cas, les marchés pourraient reporter l’attente d’une baisse des taux à avril. Cependant, cette réaction ne devrait pas remettre en question la tendance générale à la baisse de l’inflation et à une croissance toujours modérée. Les analystes s’attendent donc à une marge de manœuvre pour une baisse des taux d’ici la fin de l’année.

Par ailleurs, les données du Trésor américain (TIC) révèlent des flux de capitaux robustes vers les États-Unis en novembre, avec des entrées nettes totales de 220 milliards de dollars. Les investisseurs étrangers ont notamment acquis pour 112 milliards de dollars nets d’obligations du Trésor. Le Canada, la Norvège et l’Arabie saoudite figurent parmi les principaux acheteurs, tandis que les Émirats arabes unis, la Chine, l’Allemagne, l’Inde, le Mexique et la Thaïlande ont été les plus gros vendeurs.

Sur l’ensemble de l’année 2025, le Royaume-Uni, le Japon et le Canada se distinguent comme les principaux acheteurs, tandis que la Chine, l’Inde et le Brésil ont été les plus gros vendeurs. Au total, les achats nets d’obligations par les investisseurs étrangers ont atteint 740 milliards de dollars entre janvier et novembre 2025.

Le Japon reste le plus grand détenteur étranger de bons du Trésor américain, avec environ 1 200 milliards de dollars, suivi du Royaume-Uni (un peu moins de 890 milliards de dollars) et de la Chine (un peu moins de 690 milliards de dollars). La Chine se positionne comme un vendeur net important, ayant liquidé pour 350 milliards de dollars de bons du Trésor depuis 2022.

Globalement, les investisseurs étrangers détiennent 33 % des bons du Trésor américain, tandis que les investisseurs nationaux en détiennent 52 % (le reste étant détenu par la Réserve fédérale).

Aucune donnée significative n’est attendue en provenance d’Europe ce vendredi. Aux États-Unis, les chiffres de la production industrielle et de l’utilisation des capacités pour décembre seront publiés. Les membres de la Fed, Bowman et Jefferson, s’exprimeront également sur les perspectives économiques, dans le cadre de leurs dernières interventions publiques avant la période de silence imposée par la banque centrale.

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