Après une chute à un plus bas de deux mois et demi, les contrats à terme sur le gaz naturel ont rebondi, portés par un revirement des prévisions météorologiques et une couverture des positions vendeuses. Ce regain d’intérêt des acheteurs suggère que le marché pourrait avoir trouvé un plancher autour de 3,00 $ (environ 2,77 €) par million de BTU.
Lundi, les contrats à terme pour février avaient chuté d’environ 7,6 %, avant de regagner près de 5 % en début de séance mardi, oscillant entre 3,37 $ et 3,33 $ (environ 3,12 € et 3,08 €) à midi. Le prix du gaz en février s’établissait à 3,428 $ (environ 3,17 €), en hausse d’environ 0,6 %, confirmant la défense de ce seuil de 3,00 $ par les acheteurs. Les prix évoluent désormais dans une fourchette de 3,30 $ à 3,45 $ (environ 3,05 € à 3,20 €), signe d’une reconstruction de la base après la liquidation des positions spéculatives.
Le Fonds de gaz naturel des États-Unis (UNG) a suivi cette tendance, bondissant de 7,5 % lundi pour clôturer à 11,18 $ (environ 10,33 €), avant de retomber légèrement à 11,08 $ (environ 10,26 €) après l’ouverture des marchés. Les produits à effet de levier ont amplifié ce mouvement, avec un ETF long sur le gaz naturel gagnant environ 14 % dans les échanges hors marché, tandis qu’un produit inverse a perdu près de 15 %.
Ce rebond est principalement dû à un changement dans les prévisions météorologiques. Les données prévisionnelles indiquent un refroidissement de la moitié est des États-Unis du 17 au 21 janvier, avec des anomalies encore plus marquées dans le nord du 22 au 26 janvier. Les modèles météorologiques prévoient désormais plus de vingt degrés-jours de chauffage supplémentaires par rapport aux week-ends précédents, et signalent un refroidissement intense à la fin de la semaine. Cette combinaison force les vendeurs à couvrir leurs positions sur un marché hivernal proche d’un support psychologique clé.
Cependant, la faiblesse de la base dans le nord-est des États-Unis suggère que le marché n’anticipe pas encore un épisode de froid extrême. Les prix au comptant dans la Nouvelle-Angleterre ont connu de fortes variations quotidiennes, certaines baissant d’environ 1,70 $ à plus de 2,20 $ (environ 1,57 € à 2,03 €). L’écart entre les contrats à un mois intermédiaire, dit « veuve », est resté calme, indiquant que les craintes concernant une offre hivernale limitée se sont atténuées.
L’offre reste abondante, avec une production de gaz sec d’environ 109 à 110 milliards de pieds cubes par jour. Une baisse mensuelle de 0,3 milliard de pieds cubes par jour est négligeable compte tenu de la taille du marché, confirmant que les producteurs ralentissent leur croissance plutôt que de réduire leurs volumes. Cette offre importante exerce une pression sur les prix, comme l’ont démontré les prévisions météorologiques plus douces de vendredi, qui ont fait chuter les contrats à terme jusqu’à la zone des 3,00 $.
La mise à jour des perspectives énergétiques fédérales à court terme a ajusté les références pour les contrats à terme sur le gaz naturel. La moyenne hivernale du Henry Hub est désormais estimée à 3,56 $ (environ 3,30 €) par million de BTU, reflétant les températures douces du début de l’hiver et des niveaux de stockage confortables. Toutefois, les prévisions pour 2027 ont été relevées à 4,59 $ (environ 4,25 €), en raison de la demande croissante de gaz pour la production de gaz naturel liquéfié (GNL) et de la consommation accrue dans le secteur de l’électricité.
Les projets de GNL et les accords d’exportation soutiennent un plancher pour les contrats à terme sur le gaz naturel. Les usines d’exportation américaines fonctionnent déjà à pleine capacité, et de nouveaux projets sont en cours de développement. Les écarts de revenus entre la côte américaine du Golfe et l’Asie se sont réduits, mais restent suffisamment importants pour justifier des exportations élevées aux niveaux actuels.
La demande de gaz aux États-Unis a augmenté d’environ 1,75 milliard de pieds cubes par jour en 2025, soit une hausse de 2 % sur un an, grâce à une consommation record de chauffage dans les secteurs résidentiels et commerciaux. Les prévisions de froid à la fin du mois de janvier devraient rétablir une partie du soutien perdu.
Sur le plan technique, les contrats à terme sur le gaz naturel évoluent toujours dans une tendance baissière, mais le récent rebond a clarifié la situation. Le seuil de 3,00 $ représente un support psychologique et technique essentiel. La résistance se situe près de 3,60 $ (environ 3,33 €), juste en dessous de la moyenne mobile exponentielle sur 200 jours, autour de 3,62 $ (environ 3,35 €). Au-dessus de ce niveau, une résistance supplémentaire se trouve entre 3,634 $ et 3,654 $ (environ 3,36 € et 3,38 €).
Les traders à court terme traitent le marché comme un environnement de vente, tandis que les swing traders pourraient profiter du rebond actuel, en achetant dans la zone de 3,00 $ à 3,10 $ (environ 2,77 € à 2,86 €) avec un objectif de 3,80 $ à 4,05 $ (environ 3,52 € à 3,74 €) si la tendance froide persiste.
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