Home AffairesPerspectives du Trésor : ces taux longs s’améliorent

Perspectives du Trésor : ces taux longs s’améliorent

by Amélie Bernard

Les taux d’intérêt à long terme sont au cœur des préoccupations des marchés, avec une dynamique contrastée entre les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. L’inflation, qui maintient les taux à un niveau élevé, sera scrutée de près avec la publication imminente des chiffres du PCE, un indicateur clé pour la Réserve fédérale américaine.

La hausse des rendements obligataires allemands et japonais contraste avec la résistance observée aux États-Unis, où les rendements du Trésor semblent vouloir baisser, mais peinent à le faire. Cette situation complexe, influencée par la résilience de l’économie américaine, sera un élément crucial pour la décision de la Fed la semaine prochaine.

L’inflation est actuellement considérée comme le principal facteur limitant la baisse des taux. La théorie dominante suggère que des taux réels positifs sont la norme, et qu’ils tendent à augmenter avec l’échéance des obligations. Le débat porte donc sur l’ampleur de cette hausse par rapport à l’inflation, qui devrait, selon les prévisions, diminuer, notamment en raison du ralentissement du secteur immobilier.

Cependant, les marchés anticipent une baisse de 25 points de base lors de la prochaine réunion du FOMC. Néanmoins, la tendance récente montre que les marchés à long terme ont tendance à ignorer les signaux macroéconomiques et à se concentrer sur l’histoire de l’inflation pure. Cette attitude est particulièrement visible en Allemagne, où la hausse des taux a un impact sur les rendements des bons du Trésor en raison de considérations de valeur relative.

Les taux d’intérêt à long terme semblent s’aligner sur les niveaux d’inflation : environ 3 % au Japon, 2 % en Allemagne et 3 % aux États-Unis. Les marchés construisent donc leurs courbes de taux en fonction de ces références, ce qui explique la progression du rendement des JGB à 10 ans vers 2 %.

Malgré les inquiétudes concernant le marché du travail, l’économie américaine affiche une résilience surprenante. Les données récentes sur les commandes, notamment les biens durables, sont restées optimistes, ce qui a légèrement réduit la probabilité d’une baisse des taux, désormais estimée à 90 % (contre 100 % la semaine précédente). Les États-Unis se maintiennent à un niveau de 4,1 %, et même proche de 4 %.

La Réserve fédérale pourrait se sentir plus à l’aise avec sa politique de baisse des taux si l’indice PCE de septembre, publié vendredi, s’établit à 0,1 % en variation mensuelle (en glissement annuel). Les attentes actuelles penchent vers 0,2 %, mais un chiffre de 0,1 % n’est pas exclu. Un chiffre de 0,2 % entraînerait un taux de base du PCE de 2,8 % sur un an, un niveau encore trop proche de 3 % pour être considéré comme confortable.

Agenda économique de vendredi : La zone euro publiera les données de la production industrielle en France et en Espagne, ainsi que les chiffres définitifs du troisième trimestre. Lane, de la BCE, participera à une table ronde à Paris, où Villeroy prononcera un discours sur la politique monétaire.

Aux États-Unis, l’attention se concentrera sur les revenus et les dépenses personnelles, ainsi que sur l’indice des prix PCE. L’indicateur de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan devrait légèrement se redresser, et les volumes de crédit à la consommation en octobre seront également suivis de près.

Après la clôture des marchés, S&P révisera la notation de l’Allemagne (AAA/Stable), tandis que Fitch examinera celles de l’Autriche (AA/Stable) et de la Belgique (A+/Stable).

You may also like

Leave a Comment