Un pétrolier a été touché par trois projectiles inconnus alors qu’il quittait le détroit d’Ormuz, selon l’agence maritime britannique UKMTO. Cet incident survient dans un contexte de recrudescence des affrontements entre l’Iran et les États-Unis, qui font grimper les cours du pétrole au-delà de 90 dollars le baril.
Une attaque dans le détroit d’Ormuz
L’incident maritime s’est déroulé à 17 milles nautiques, soit environ 31 kilomètres, à l’est de Khasab, en Oman. Un pétrolier a signalé avoir été frappé par trois projectiles inconnus alors qu’il achevait un transit sortant du détroit d’Ormuz. Aucune victime ni impact environnemental n’ont été signalés, d’après les informations diffusées par l’agence maritime britannique UKMTO.
Cette attaque intervient alors que Washington met l’accent sur la guerre économique et qu’un mois d’accalmie apparente vient de s’achever. Les affrontements ont repris lundi entre l’Iran et les États-Unis, marqués notamment par des bombardements annoncés par les forces américaines contre deux lanceurs iraniens de roquettes sur l’île de Larak, située dans le stratégique détroit d’Ormuz.
Démentis de Washington et tensions régionales
Parallèlement à cet événement, l’armée américaine a démenti lundi l’information iranienne selon laquelle un navire pétrolier avait été immobilisé après avoir heurté des mines lors d’une tentative illégale de franchir le détroit d’Ormuz. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a qualifié de FAUX les affirmations du Corps des Gardiens de la révolution selon lesquelles un superpétrolier empruntant la route sud du détroit d’Ormuz a heurté deux mines et a été complètement immobilisé, dénonçant de la désinformation et affirmant qu’« Aucun navire n’a heurté de mines dans le détroit d’Ormuz ».
Le Corps des Gardiens de la révolution affirme qu’un superpétrolier empruntant la route sud du détroit d’Ormuz a heurté deux mines et a été complètement immobilisé. C’est FAUX.
De son côté, Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis. Malgré ces hostilités, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé ne pas vouloir la poursuite de la guerre. Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, l’escalade de la violence continue d’alimenter l’instabilité dans la région.
Saisie d’un vraquier et impact sur les marchés pétroliers
La situation sécuritaire est également marquée par des mesures des autorités iraniennes, qui ont saisi un vraquier qui aurait déversé du pétrole dans le détroit d’Ormuz, ont rapporté lundi des médias d’État. Le navire saisi est un vraquier transportant du sucre qui a déversé directement en mer un mélange de pétrole brûlé, d’eaux de cale et de boues industrielles, sans que son pavillon ni la nationalité de son équipage ne soient précisés selon l’agence de presse officielle Irna. Ces précisions ont été données par le directeur adjoint du département des Ports et de la Navigation de la province de Hormozgan (sud), Esmaïl Makizadeh, qui a ajouté que « À la suite de la publication d’images montrant le rejet de pétrole en mer (…), des équipes d’experts et de nettoyage ont été dépêchées sur place et ont saisi le navire à l’origine de la pollution » et que les eaux ont été entièrement nettoyées.
L’Iran avait rappelé aux États-Unis que les pressions « ne fonctionnent pas » et dit que le blocus naval américain empêche les importations d’essence. L’Iran avait réclamé mi-août des compensations pour les dommages causés par des marées noires, notamment après qu’une nappe de pétrole eut atteint une de ses îles, Qeshm, dans le sud. Après le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran, Téhéran a verrouillé le stratégique détroit d’Ormuz. L’Iran a dit vouloir imposer des frais de navigation pour des services, notamment la protection de l’environnement, aux navires y transitant, ce que refusent fermement les États-Unis et certains pays de la région.
Sur les marchés financiers, ce climat d’insécurité se traduit par des réactions immédiates : les cours du pétrole sont repartis à la hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.