Édition française
En continu
---Advertisement---

Technologie et science

Photo Ark documente 18 000 espèces menacées pour National Geographic

À l'occasion de la COP17 sur la biodiversité à Erevan, en Arménie, le projet Photo Ark mené depuis 20 ans par Joel Sartore pour National Geographic met en lumière 18 000 portraits…

Photo Ark documente 18 000 espèces menacées pour National Geographic

À l’occasion de la COP17 sur la biodiversité à Erevan, en Arménie, le projet Photo Ark mené depuis 20 ans par Joel Sartore pour National Geographic met en lumière 18 000 portraits d’espèces menacées, illustrant l’urgence de protéger les habitats naturels menacés d’effondrement à travers la planète.

Alors que des représentants se réunissent en Colombie et qu’une COP sur la biodiversité se tient à Erevan, en Arménie, la situation des écosystèmes mondiaux attire l’attention sur les menaces qui pèsent sur le vivant. C’est dans ce contexte que le projet Photo Ark, initié il y a 20 ans par l’explorateur Joel Sartore pour National Geographic, documente les espèces menacées afin d’encourager le public à regarder la nature directement en face, sans aucun élément perturbateur dans le décor ni comparaison de taille.

Le poisson-main rouge et les espèces critiques en Tasmanie

Le projet a atteint son 18 000e portrait avec le poisson-main rouge, scientifiquement référencé comme Thymichthys politus. Cet animal incarne les espèces dites critiques, qui sont hyperspécialisées et dont l’habitat se restreint à quelques hectares seulement.

Selon une étude récente parue dans le Journal of Fish Biology en 2024, il ne resterait plus que moins de 200 individus adultes de cette espèce à l’état sauvage. Ils se répartissent sur à peine deux petits récifs situés en Tasmanie. Les modèles mathématiques indiquent que lorsqu’une espèce endémique perd plus de 90 % de son habitat d’origine, le risque de la voir disparaître à court terme dépasse 80 % sans une intervention humaine directe.

L’objectif 30×30 et le bilan à mi-parcours à Erevan

La COP17 d’Erevan dresse le bilan à mi-parcours de l’objectif 30×30, adopté en 2022, qui vise à protéger au moins 30 % des terres et 30 % des mers de la planète d’ici 2030. Une étude montre que si les gouvernements parviennent à protéger 30 % des terres tout en maintenant le réchauffement climatique sous la barre des +2 °C, le risque d’extinction serait divisé par deux pour environ 300 000 espèces de plantes et d’animaux tropicaux, comme le sifaka de Coquerel, un lémurien emblématique des forêts de Madagascar.

Dans les régions tropicales et les zones humides, la situation est particulièrement alarmante. Les populations d’espèces d’eau douce ont chuté de 84 % depuis 1970. En Asie du Sud-Est et en Amérique centrale, des centaines d’espèces de primates, d’oiseaux et d’orchidées endémiques ne survivent que sur quelques hectares de forêts résiduelles, à l’instar du langur à crête orange immortalisé dans un centre de sauvetage au Vietnam.

L’impact de l’imagerie sur les actions de conservation sur le terrain

Au-delà de la simple sensibilisation du grand public, ces photographies cherchent à déclencher de véritables changements de comportement et à encourager la préservation concrète des milieux naturels.

Photo Ark va bien au-delà de la simple sensibilisation. Il stimule des actions concrètes de conservation sur le terrain. Les portraits de Joel font évoluer les mentalités : ils prouvent que, lorsque les individus prennent réellement conscience de la beauté de ces animaux, ils se sentent poussés à les protéger.

Ian Miller, directeur scientifique et de l’innovation au sein de la National Geographic Society

>

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.