Publié le 21 décembre 2025. La démence touche un nombre croissant de personnes en Italie et dans le Trentin, posant un défi majeur pour les systèmes de santé et les familles. La prévention, dès le plus jeune âge, est désormais considérée comme une stratégie essentielle pour limiter l’impact de ces maladies.
- On estime à 1 100 000 le nombre de personnes vivant avec une forme de démence en Italie.
- Dans le Trentin, plus de 10 500 personnes de plus de 65 ans sont concernées par la démence, auxquelles s’ajoutent près de 9 000 cas de troubles cognitifs légers.
- La prévention, débutant dès l’école, est présentée comme un pilier essentiel de la lutte contre la progression de ces maladies.
Le vieillissement de la population italienne, et plus particulièrement dans la région du Trentin, entraîne une augmentation significative du nombre de personnes atteintes de troubles cognitifs, allant des troubles légers aux formes de démence avérées. Selon les estimations basées sur les données ISTAT au 1er janvier 2025, le Trentin compte 10 572 personnes de plus de 65 ans vivant avec une démence, 8 868 personnes de plus de 60 ans souffrant de troubles cognitifs légers, et 224 cas de démences précoces, touchant les individus âgés de 35 à 64 ans. Cette situation implique une charge de soins importante, mobilisant environ trois millions de soignants à travers l’Italie.
La Dre Raffaella di Giacopo, directrice médicale de l’Unité Opérationnelle de Neurologie – multizone, souligne l’importance cruciale de la prévention.
« C’est fondamental une prévention qui doit commencer dès l’école. »
Dre Raffaella di Giacopo, directrice médicale de l’Unité Opérationnelle de Neurologie – multizone
Elle explique que les symptômes de la démence peuvent affecter différents domaines cognitifs : la mémoire, le langage, l’attention, les fonctions exécutives, la perception visuo-spatiale et les capacités praxiques. Récemment, l’importance d’évaluer également la “cognition sociale”, c’est-à-dire la capacité à comprendre les pensées et les émotions des autres et à interagir de manière appropriée, a été mise en évidence.
Un “léger déficit cognitif” (MCI – Mild Cognitive Impairment) est diagnostiqué lorsque des difficultés apparaissent dans un ou plusieurs de ces domaines. La démence, quant à elle, est caractérisée par une perte d’autonomie due à ces troubles cognitifs. Il est souvent difficile pour les familles de détecter ces premiers signes, notamment les difficultés visuo-spatiales, qui sont moins évidentes que les troubles de la mémoire.
L’impact de la pandémie de Covid-19 sur la démence est un sujet de préoccupation. Bien qu’il n’existe pas d’estimations officielles du nombre de cas liés à la pandémie, la Dre di Giacopo estime que cette période a mis en évidence des fragilités préexistantes et a favorisé l’augmentation des troubles psychiatriques, qui constituent un facteur de risque pour le développement de maladies neurodégénératives.
Si la démence est plus fréquente chez les personnes âgées, elle peut également toucher des individus plus jeunes, généralement entre 40 et 64 ans. Ces cas précoces sont souvent liés à des formes de démence fronto-temporale ou à des formes atypiques de la maladie d’Alzheimer, qui se manifestent par des troubles visuo-spatiaux ou du langage.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement curatif pour la démence. Cependant, une prise en charge globale du patient et de ses proches est possible, incluant un diagnostic précis, un traitement médicamenteux et des soins de support. Des thérapies innovantes, basées sur des anticorps monoclonaux, sont désormais disponibles aux États-Unis, en Allemagne, en Chine et dans d’autres pays, dans le but de ralentir la progression des symptômes.
En Trentin, le parcours diagnostique commence généralement par une consultation avec le médecin généraliste, qui peut réaliser un test spécifique (Gp-Cog) et éliminer d’autres causes possibles des troubles cognitifs. Si nécessaire, le patient est orienté vers la clinique spécialisée dans les troubles cognitifs et les démences (CDC) pour des examens complémentaires, tels que des tests neuropsychologiques et des examens d’imagerie cérébrale.
Face à l’augmentation prévisible du nombre de cas de démence, il est essentiel d’investir dans la prévention. Un rapport publié dans la revue The Lancet en 2024 souligne qu’il est possible d’agir sur 14 facteurs de risque reconnus, ce qui pourrait prévenir 45% des cas de progression du MCI vers la démence. Ces facteurs incluent un faible niveau d’éducation, une alimentation riche en graisses saturées, le tabagisme, la sédentarité et une consommation excessive d’alcool. La prévention, débutant dès l’école, est donc une priorité.
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