Bloquant 45 stations de métro et suspendant les trains, plus de 35 000 membres des forces de l’ordre et des paramilitaires ont été déployés à Delhi ce samedi 10 octobre 2026 pour contrer une manifestation nationale contre le chef de la commission électorale.
La tension est montée d’un cran ce samedi 10 octobre 2026 dans la capitale indienne. Les protestataires réclament la démission du chef de la commission électorale, Gyanesh Kumar, et exigent l’arrêt immédiat d’une révision controversée des listes électorales connue sous le nom de Special Intensive Revision.
Un dispositif de sécurité d’ampleur paralyse les transports à Delhi
Pour empêcher les manifestants d’atteindre le site de rassemblement prévu à Jantar Mantar, la police de Delhi et les forces paramilitaires ont déployé 35 000 agents dans la ville. Pas moins de 45 stations du réseau métropolitain ont vu leurs accès condamnés. Les services ferroviaires en provenance de New Delhi et de Hazrat Nizamuddin sont restés suspendus pendant dix heures.
Les mesures comprenaient également l’application de la section 163 de la Bharatiya Nagarik Suraksha Sanhita (BNSS) dans le centre de Delhi. L’exécutif local et les services de police diffusaient des messages appelant à la discipline, à la dignité et au maintien de la paix.
Des arrestations en cascade touchent figures politiques et militantes
La police a arrêté plus de 1 000 personnes, dont le dirigeant de l’Aam Aadmi Party Arvind Kejriwal. Ce dernier a été appréhendé alors qu’il appelait à la démission du responsable électoral et dénonçait publiquement de prétendues irrégularités électorales. D’après les informations rapportées par les organisations sur place, ces derniers auraient été transférés vers un lieu secret et privés d’accès à leurs avocats.

La contestation a également touché des figures de la société civile et des mouvements étudiants. La responsable de l’All India Students’ Association, Neha Bora, a été interpellée le même jour par la police de Delhi aux côtés du responsable politique de l’AAP. D’autres personnalités comme l’activiste Yogendra Yadav et l’avocat Prashant Bhushan ont été aperçus en train de mener une marche depuis Jor Bagh en direction de Dilli Haat-INA.
Le processus de révision des listes électorales divise le pays
Au cœur de cette fronde nationale se trouve le processus de révision des listes électorales, initié l’an dernier dans l’État du Bihar avant d’être étendu à la quasi-totalité du territoire indien. La commission électorale soutient que cette mise à jour est indispensable pour éliminer les doublons et les inscriptions invalides.
Des désaccords internes fragilisent l’institution
Des fuites rapportées dans la presse ont révélé que deux des trois commissaires de l’organisme avaient formellement contesté plusieurs décisions relatives à la refonte des listes et aux procédures d’enregistrement, essuyant le rejet du chef de l’institution, Gyanesh Kumar. Interrogée sur ces frictions, la commission a publié un communiqué minimaliste attribuant ces désaccords à des differing views and deliberations
plutôt qu’à de véritables oppositions institutionnelles formelles.
Ces tensions internes continuent d’alimenter les doutes quant à la cohésion de l’organisme alors que celui-ci s’apprête à organiser les prochains scrutins nationaux et régionaux prévus au début de l’année prochaine, faisant suite à la révision initiée l’an dernier dans l’État du Bihar.
