Plus de 50 arrestations ont été enregistrées à Liège ce mercredi lors de nouvelles émeutes en marge de manifestations étudiantes. Face à la montée des violences et des dégradations, le bourgmestre Willy Demeyer a pris un arrêté d’urgence interdisant les rassemblements de plus de trois personnes sur tout le territoire communal jusqu’au 16 octobre.
Liège interdit les rassemblements de plus de trois personnes
La situation dans le centre-ville liégeois a poussé les autorités locales à durcir considérablement le ton. À partir de ce jeudi 8 octobre à 6h00, une ordonnance de police est entrée en vigueur sur l’ensemble du territoire de la ville, interdisant formellement les regroupements de plus de trois personnes.
Présentée par les autorités pour assurer la sécurité des habitants, des étudiants, des commerçants et de l’ensemble des usagers de la ville, cette décision municipale perturbe par ailleurs le calendrier des manifestations culturelles. La Garden Ardente, l’événement festif organisé par la CSC Liège à destination des jeunes qui était prévu ce jeudi, a ainsi été reportée, tandis que la dernière édition des Apéros Liège qui devait se tenir ce vendredi au B3 a été annulée.

Des dispenses sont accordées aux membres d’un même foyer, aux mineurs qui circulent avec un parent, un tuteur ou tout autre responsable légal, aux personnes qui prennent part à un événement ou une activité bénéficiant d’une autorisation officielle délivrée par l’autorité compétente, ainsi qu’à celles qui agissent dans le cadre de leur profession ou d’une mission d’intérêt général.
Bernard Quintin pointe la responsabilité des parents et d’éléments extérieurs
En visite à Liège ce jeudi matin aux côtés du bourgmestre Willy Demeyer pour assister au briefing des forces de l’ordre, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a qualifié la situation d’inacceptable. L’autorité fédérale a insisté sur la nécessité de rétablir l’ordre public.

On a le droit de ne pas être d’accord, mais on n’a en aucun cas le droit de tout casser et de s’en prendre aux personnes. L’ordre et la tranquillité seront rétablis. Tous les moyens nécessaires, la police fédérale et les zones de police locales notamment, seront mobilisés. Il y a une responsabilité des parents, des écoles, mais aussi du mouvement antifa. En semaine, l’école reste obligatoire.
Le chef de corps de la police de Liège, Jean-Marc Demelenne, a relevé une mutation dans le profil des fauteurs de troubles au fil des jours, constatant une augmentation continue de la violence et du nombre de casseurs depuis le 1er octobre. Si 70 % des personnes interpellées au début du mouvement étaient des mineurs, cette proportion est redescendue à 50 % ce mercredi. D’après les autorités policières, les derniers rassemblements ont vu affluer des profils agissant en marge des revendications étudiantes initiales.
Des revendications scolaires aux répercussions politiques locales
À l’origine, le mouvement s’inscrit dans le sillage de la contestation menée contre les réformes de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, sur fond de bâtiments vétustes et de conditions d’apprentissage dégradées. Des analyses syndicales et locales relèvent que la forte mobilisation des établissements liégeois s’explique également par l’ancrage historique de la ville et par un affrontement politique entre socialistes et libéraux autour de la gestion de l’enseignement communal, l’enseignement communal liégeois étant aux mains des échevins socialistes depuis plus de 20 ans.